L'ordre du jour comportait un point : l'autorisation de la session pour mettre en œuvre la phase 2 du prêt hypothécaire de 17 millions d'euros que le Bureau du CCE souhaite contacter auprès de la banque FORTIS. Ce prêt hypothécaire devait permettre, selon le CCE, de retrouver un fonctionnement normal du CCE.
En effet, le CCE, ne pouvant faire face à ses dépenses, a choisi d'hypothéquer une grosse partie du patrimoine des salariés d'Air France pour obtenir du cash. Après avoir hypothéqué St Malo pour près de 6 millions d'euros, le CCE a proposer d'hypothéquer Guidel, Arbonne et Lassy pour obtenir 11 millions d'euros.
Face à la situation calamiteuse du CCE, une seule banque a accepté d'accorder ce prêt : FORTIS.
Toutefois, comprenant que cette situation n'emportait pas l'adhésion de l'ensemble des syndicats, la banque a demandé à ce qu'un vote formel soit réalisé par la session du CCE.
À l'exception de la CFDT, tous les syndicats se sont prononcés CONTRE ce projet. (UNSA, CFTC, CGT, CGC, FO, Syndicats PN)
La CFDT qui représente environ 16% des suffrages des salariés d'AF détient 5 voix sur 15 au CCE.
(à titre de comparaison, les PN qui représentent près de 40% des salariés détiennent 3 voix sur 15 au CCE)
Deux représentants de la CGC siégeant au Bureau du CCE n'ont pas voulu suivre la consigne syndicale donnée par la CGC, et ont voté en faveur du prêt hypothécaire.
Le vote a donc reçu 7 voix POUR (5 CFDT et 2 probablement-ex CGC) et 7 voix CONTRE (2 FO, 2 CGT, 3 ALLIANCE (1 UNAC, 1 UNSA, 1 SNPL))
Un élu n'a pas pu se libérer pour la session. C'est la raison pour laquelle il n'y a eu que 14 voix exprimées sur les 15 habituelles du CCE.
Ce prêt hypothécaire aurait été l'équivalent de la pose d'une rustine sur une passoire !

Aucune majorité ne s'étant manifestée, la proposition est rejetée et le CCE devra en informer son commissaire aux comptes.
Celui-ci devrait alors saisir le tribunal de Bobigny pour faire nommer un administrateur judiciaire.
Le travail de l'administrateur judiciaire devrait consister à dresser un état des ressources, un état des dépenses, et s'il apparaît que les deux états ne sont pas en phase, il lui appartiendra de sérier les priorités et l'ordre des dépenses à réaliser.
Le CE Lignes (CE-OA) a exprimé, une nouvelle fois, ses propositions d'aide financière et logistique à l'équipe en place (tout comme aux autres syndicats).
Il va sans dire que ces propositions ne pourront se réaliser qu'à partir du moment où de véritables réformes seront voulues par l'ensemble des représentants, et pas seulement ceux qui aiment faire de petites phrases dans leurs tracts syndicaux.
On peut s'attendre à une nouvelle volée de tracts stigmatisant les PN ou l'inversion des flux comme source de tous les maux. Il n'y aura rien de nouveau à cela.
Nos pensées vont vers les salariés de d'Air France qui risquent d'être pénalisés dans les prestations sociales qui leur seront proposées.
Mais que peuvent dire les syndicats aux salariés d'Air France qui pourraient bientôt entendre des nouvelles douloureuses quant à leurs emplois ?
Qu'ils n'ont pas eu le temps de s'occuper d'eux car ils voulaient "sauver" le CCE ? Il faut oser.
Le CCE n'est pas remis en cause dans sa fonction. C'est sa gestion désastreuse qui l'a conduit à ce naufrage.
Entre 2003 et 2008, la masse salariale des CE/CCE (hors CE OA) est passée de 50 à près de 63 millions d'euros alors que les ressources n'ont pas cessé de baisser et que le nombre de PS n'a pas cessé de baisser.
Pour mémoire, le CCE reçoit 51,5 M€ d'Air France (44 millions d'euros pour gérer les activités sociales des salariés d'AF + 7,5 millions d'euros pour la restauration subventionnée) et 11,5 M€ du CE OA (8,5M€ de solidarité + 3M€ de restaurant) soit 63 M€ en tout, qui passent intégralement dans la masse salariale de ses structures (les salariés des CE et du CCE). Au final, des queues de cerises pour les salariés d'Air France qui ne font pas partie du CE Lignes.
Rappelons nous une nouvelle fois que tous les CE ont les mêmes ressources financières. Seulement, le CCE et les autres CE utilisent TOUTES les subventions versées par Air France pour payer leurs frais de structure ! Ces subventions versées par Air France sont destinées aux activités sociales des salariés d'Air France, charge aux CE/CCE de les gérer.
A titre de comparaison, les frais de structure sont inférieurs à 10% au CE Lignes. Tout le reste de la subvention va aux salariés d'Air France rattachés au CE Lignes.











