Il ne fait pas bon être sénior à Air France.
La loi a rendu obligatoire la négociation d'accords sur l'emploi des séniors. Pour obliger les employeurs à négocier sur ce sujet, il est prévu pour les récalcitrants une pénalité à hauteur de 1 % de la masse salariale de l’Entreprise pour les entreprise qui n’auront pas d’ici au 1er janvier 2010 signé un accord sur l’emploi des séniors avec les syndicats. Mais, comme même le législateur est sans illusion sur les capacités des employeurs à négocier, la loi a prévu un plan B. En effet, si aucun accord n’est trouvé, les Entreprises pourront établir unilatéralement un « plan séniors ».
La Direction d’Air France allait-elle négocier ou allait-elle se contenter de décisions unilatérales ?
Le suspens n’a pas duré longtemps ! Aucune de nos revendications n’a été retenue ! Pour améliorer les fins de carrière PNC nous voulions que soit créé un système de parrainage par des PNC volontaires de plus de 45 ans pour certaines populations cibles (ab initio, retours de longues absences, etc.). Nous voulions aussi qu'il soit proposé une validation des acquis de l'expérience (VAE) aux PNC de plus de 45 ans. Nous voulions qu'un stage de préparation à la retraite soit proposé aux PNC de 50 ans et plus, que soit négocié un Temps Mensuel Réduit en 2010 avec accès hors quota pour les PNC de 50 ans et plus et que soit lancée une étude sur l'amélioration des conditions de travail avec le concours de l'Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail (ANACT). Vous pourrez télécharger ici le courrier envoyé à la Direction d'AF.
En guise de négociation, nous avons assisté à la simple présentation de ce qui constituera les dispositions unilatérales permettant d’éviter la pénalité prévue par le Gouvernement.
Sur ce sujet, aucun dialogue social, aucune intention d’améliorer la condition des PNC de plus de 45 ans. De façon très cynique, notre Direction se place sur le terrain du « si ce boulot ne vous convient plus après 45 ans, allez travailler ailleurs ! ».
C’est dans le droit fil du refus de la Direction, il y a quelques mois, d’améliorer les conditions de départ des PNC après 55 ans. Nous voulions qu’une prime soit versée aux PNC qui souhaitent (ou qui doivent) prolonger leur activité après 55 ans et 11 mois, et la Direction a préféré punir ces PNC en ne leur donnant pas de prime (ce qui n’aurait pourtant rien coûté de plus).
Stricte application du vieux principe des employeurs : virer les vieux qui coûtent trop cher (et qui osent revendiquer…) !
Même si, dans le même mouvement, ces mêmes employeurs augmentent la durée de carrière nécessaire pour bénéficier d’une retraite à la CRPN…










