
par Philippe CADOREL, votre élu.
Lettre de l'administrateur PNC n° 27 d'octobre 2008
EditoCarton rouge !
L’ensemble du secteur aérien est affecté depuis le mois dernier par la contraction de la demande de transport et toutes les compagnies, en dépit de leurs mesures d’adaptation, assistent au recul des taux d’occupation en passagers et en fret.
Le phénomène des subprimes et sa cohorte de spéculateurs, en accélérant inexorablement la volatilité des prix des matières premières, ont déclenché un tsunami qui a ravagé l’ensemble des marchés financiers mondiaux. Les gouvernements qui s’étaient contentés de suivre distraitement la surenchère et les péripéties de ce scénario catastrophe à la « Frisson Break », ont récemment concocté des remèdes institutionnels aux vertus miraculeuses.
On nous a alors expliqué que l’on ne devait pas douter de l’efficacité des plans de soutien aux dotations vertigineuses, censées rétablir la sérénité bancaire et financière.
Mais après l’épisode de l’euphorie éphémère façon « 24 heures chrono », on a assisté à la cristallisation et à l’accentuation des incertitudes, facteurs hautement stimulants dans la pratique du saut à l’élastique des marchés financiers. La saison 1 se termine malheureusement entre scepticisme et pessimisme. Mais on ne devrait pas tarder à découvrir le moment où les acteurs de l’économie réelle seront touchés au travers de la consommation et de leurs emplois…
Une chose est certaine : rien ne survient par hasard et les pirouettes spéculatives des financiers ont précipité les destructions de valeur et le tarissement des liquidités. Ces mêmes apprentis sorciers ont activé leurs réseaux pour exiger des gouvernements, dans l’urgence, le sauvetage financier de leur système par les contribuables : on en attend tous le résultat.
La crise financière représente, à mon sens, une formidable opportunité pour remettre en cause dogmes et postulats et imposer une véritable exigence sociétale à la refondation de la finance mondiale. La classe politique a la légitimité et le devoir d’opter pour plus de cohérence et de justice. Aura-t-elle le courage de l’exiger en rappelant aux spéculateurs de tous bords qu’« on ne peut pas dépenser plus que ce qu’on gagne, que ce qu’on mendie, que ce qu’on emprunte ou que ce qu’on vole » !
L'UNAC
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