
par Philippe CADOREL, CCP Amériques, votre élu.
Lettre de l'administrateur PNC n° 32 de juillet 2009
EditoOn serait en droit de penser que la crise que nous traversons depuis plusieurs mois changerait les comportements des gouvernements, de nos sociétés, et de leurs dirigeants. Malheureusement, cela ne semble pas encore être le cas, alors que chaque jour, la récession nous achemine davantage vers une dépression économique mondiale. Doit-on encore s’attarder à guetter des signes de reprise, ou commencer à remettre en question nos habitudes par le dialogue, en toute franchise avec l’ensemble des acteurs, en prenant le temps d’élaborer les mesures d’adaptation sociales nécessaires ?
Force est de constater aujourd’hui que la communication de l’entreprise demeure la même depuis toujours : positive mais incomplète dans sa transparence. Il aura fallu attendre le CCE de juillet et quelques indiscrétions rapportées par la presse pour que soient enfin évoqués la situation économique préoccupante du Groupe et les risques qui en découlent pour nos emplois. Même attitude au sein du conseil d’administration, où le vieil adage du management demeure plus que jamais d’actualité : « On est maître de ses silences mais esclave de ses paroles »…
Quand notre Groupe prospérait, ce besoin d’échanges et de remise en cause, tout simplement d’exigence, pouvait apparaître superflu pour certains ; la Compagnie gérait ses bénéfices et ses salariés s’en satisfaisaient. Mais les temps ont changé, les motifs d’inquiétude légitimes s’accumulent, et plus tôt la prise de conscience sera effective, mieux nous pourrons collectivement faire face aux défis. Veut-on raisonnablement nous donner les moyens de comprendre et de maîtriser des décisions qui risquent au final d’être imposées dans l’urgence, faute d’avoir été étudiées et proposées en temps utile ?
À force d’infantiliser les salariés, peut-être pour ne pas les affoler, mais aussi pour ne pas devoir justifier ses décisions, beaucoup d’entre nous ne comprendront pas quand des adaptations douloureuses seront annoncées, et découvriront qu’ils ne pourront plus être acteurs de leur destin.
Je pense depuis longtemps que ce mode de management d’une autre époque témoigne d’un mépris à l’intelligence des salariés et à leur engagement envers leur compagnie. Loin de les rassurer, il peut en inquiéter certains et complexifiera l’indispensable prise de conscience de chacun.
La direction d’AF KL doit faire le bon choix : soit elle communique en toute transparence ses difficultés et ne tarde pas à annoncer une nouvelle stratégie d’entreprise et les solutions envisagées, soit elle persiste à communiquer comme à son habitude. Dans ce cas, elle devra en assumer les conséquences, et ne pourra alors pas compter sur le même niveau de compréhension et d’adhésion de ses employés.

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