
par Philippe CADOREL, CCP Amériques, votre élu.
Lettre de l'administrateur PNC n° 34 d'octobre 2009
EditoLe rapport Stiglitz a été publié le 15 septembre, un an jour pour jour après la faillite de la banque Lehman Brothers, qui précipita notre planète dans cette crise économique. Le président de la République avait en effet sollicité une commission de 21 membres, parmi lesquels quatre Nobel, afin de réfléchir à de nouveaux instruments de calcul des richesses des pays. Il s’agissait de remettre en cause l’hégémonique produit intérieur brut (PIB), seul indicateur de mesure de performance économique et de progrès social, et de le compléter par d’autres axés sur l’individu et le développement durable.
Les plus critiques d’entre nous suspecteront nos élites politiques de vouloir revigorer les statistiques du monde occidental, qui après des historiques glorieux n’offraient plus qu’une stabilité décevante, et qui concrétisent dorénavant l’entrée en décroissance.
Veut-on également souligner que notre pays s’en sort mieux que ses voisins grâce à une économie plus administrée dotée de ses légendaires amortisseurs sociaux ? Peut-être… mais pour combien de temps ?
Qu’importe cette polémique, si la mission de ce rapport vise à remettre l’homme au centre de l’économie, adoptons ce changement de paramètres et de méthode. Saisissons cette opportunité collective de prise de conscience individuelle, à savoir que le progrès et le bonheur qu’on lui associe ne peuvent plus être dépendants de notre seule croissance économique. Ils ont été réalisés jusqu’à présent au détriment d’un renforcement inexorable du processus de destruction du capital naturel de notre planète, et de sa première richesse : ses hommes. Exigeons donc que des solutions alternatives courageuses imposent à l’économie de se remettre au service de l’humain grâce à une approche quantitative et qualitative, qui permettrait de préserver le capital des générations futures. Il est certain que nos modes de vie et de consommation devront nous conduire à partager davantage travail et richesse pour arriver à faire de la décroissance une opportunité.
J’ai relevé dernièrement une intervention qui traitait de capitalisme éthique : « Face à une crise d’une ampleur et d’une violence sans précédent, nous avons une responsabilité collective : celle de remodeler, de redessiner, de découvrir, voire d’inventer autre chose. Des temps nouveaux… parce qu’il n’y a probablement pas de modèle unique, pas une vision uniforme du futur, et cette autre chose pourrait-elle aller jusqu’à la décroissance prospère ? »
Laurence Parisot, Université d’été du MEDEF, septembre 2009. Des temps qui changent… même pour les syndicalistes patronaux !
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