n° 789 du mercredi 28 février 2007
Sommaire :
Transport
aérien : des passagers furieusement agités
Droit
social : easyJet appliquera la loi française "si elle le
doit"
Dragons au
musée Guimet
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Transport aérien : des passagers furieusement agités
Jean-Luc Delarue l'a reconnu sur RTL : "J'ai vraiment pété les plombs." Le mardi 13 février, le célèbre animateur de France2 avait gravement perturbé le vol AF-990 d'Air France Paris-Johannesbourg. Sous l'emprise, selon lui, d'alcool et de médicaments, il s'est livré à des attouchements sur une passagère, a injurié le personnel navigant, s'est promené à moitié nu dans l'avion et giflé un steward qui voulait l'empêcher de boire. Des faits suffisamment graves pour qu'il finisse le voyage menotté et attaché à son siège.
Placé en garde à vue, dimanche 25 février, lors de son retour en France, l'animateur bénéficiera d'une procédure de "plaider coupable" lors d'une convocation prévue pour fin mars devant le tribunal de Bobigny. Le procureur proposera à l'animateur une peine pour les faits de "violences et outrages sur personnes chargées d'une mission de service public, agression sexuelle et tentative d'entrave à la circulation aérienne" qui lui sont imputés.
Jean-Luc Delarue doit sans doute à sa notoriété d'avoir pu échapper à une incarcération en Afrique du Sud. Durant le vol, le commandant de bord aurait pu contacter les autorités sud-africaines et demander l'interpellation de l'animateur dès Johannesbourg.
En dépit du peu de publicité fait autour de ces "passagers indisciplinés" pour reprendre la terminologie des compagnies, quelques chiffres circulent : il y aurait environ 5 000 cas de comportement excessif et violent dans le monde par an, c'est-à-dire environ un incident grave par jour et par grande compagnie.
Parfois, les incivilités peuvent se cumuler. Dimanche 25 février, selon le site crash-aerien.com, le commandant de bord d'un Airbus d'Iberia faisant la liaison Barcelone-Casablanca a décidé de ramener l'appareil au parking, jugeant que des interférences provoquées par un téléphone portable perturbaient les systèmes électroniques. Mais, pendant cette opération, un autre passager n'a rien trouvé de mieux à faire que d'aller fumer dans les toilettes, déclenchant les alarmes de bord. Résultat : la Garde civile est intervenue et le vol n'a pu redécoller qu'avec quatre heures de retard !
Air France-KLM reconnaît traiter 100 à 120 dossiers par mois. Ces dossiers sont en fait des rapports rédigés par les équipages et qui concernent la totalité des incidents. Ceux-ci sont classés en trois catégories. La première (C1) regroupe les passagers perturbateurs, réfractaires aux consignes, qui, par exemple, refusent de présenter leur coupon d'embarquement ou d'attacher leur ceinture.
Le niveau C2 est caractérisé non seulement par un refus d'appliquer les consignes, mais aussi lorsque le passager perturbe le travail de l'équipage par des ingérences continuelles.
Vient enfin la troisième catégorie, lorsque les passagers ont fait preuve de violences propres à mettre en danger la sécurité du vol. Air France-KLM en dénombre moins d'une quinzaine par mois. La compagnie rechigne à porter plainte. Les 1 800 dossiers enregistrés entre mars 2005 et septembre 2006 n'ont occasionné que 36 plaintes et dépôts de main courante. Alors que Jean-Luc Delarue avait déjà agressé un membre d'équipage Air France lors d'un voyage au Sénégal, la compagnie n'a pas porté plainte contre lui. En revanche, elle soutient les trois membres de l'équipage du Paris-Johannesbourg qui, eux, se sont retournés contre l'animateur.
Rapporté au nombre de passagers transportés par Air France-KLM (44 millions en 2006), le nombre de passagers indisciplinés n'est que de 0,003 %. "C'est un épiphénomène dans la compagnie", explique Sophie Mariani, responsable de la mission passagers indisciplinés chez Air France. "En revanche, nous sommes très soucieux de sa prise en compte parce que cela touche nos équipages et que cela relève de la dimension sociale de l'employeur que de prendre en charge ces incidents et de les gérer", précise-t-elle.
Sur un million de passagers transportés, Air France-KLM comptabilise 29,6 incidents. Ce sont les fumeurs qui arrivent en tête avec 11,7 incidents. Souvent pris en faute à la sortie des toilettes, ils sont rarement dangereux à l'endroit des hôtesses et des stewards quand on leur demande d'arrêter.
Le taux d'incidents liés à l'abus d'alcool est de 5,9 par million de passagers. Ce sont des cas plus délicats. "Un gros travail de sensibilisation a été fait depuis deux ans en direction des équipages", indique Mme Mariani. Les hôtesses et stewards peuvent interdire la consommation d'alcool à un passager en état d'ébriété.
A quelques exceptions près, la consommation de boissons alcoolisées dans les avions reste liée à de prétendues vertus anxiolytiques, mais surtout à un véritable stress qui deviendrait soluble dans l'alcool. En première et en classe Affaires, les compagnies continuent d'ailleurs d'offrir la traditionnelle coupe de champagne à l'arrivée à bord. Dans certains cas, l'alcool fait des ravages à bord. Après les Scandinaves et les Polonais, ce sont aujourd'hui les Russes qui détiendraient cette triste palme. Les retours de séjour au Club Med sont quelquefois difficiles. Les voyages retour d'hôtel-club aux Antilles font également partie de la traditionnelle série d'anecdotes : "Un petit punch au départ de l'hôtel, un autre à l'aéroport, le rhum acheté au duty-free et la bombe à retardement est amorcée", plaisante un steward.
Pourquoi dans ces conditions ne pas supprimer l'alcool à bord ? Personne ne s'y risque par crainte de perdre des clientèles potentielles, notamment celle des pays de l'ex-bloc soviétique, en passe de devenir pour de nombreuses compagnies une source de profits compte tenu du potentiel offert par ce marché émergent.
Il n'y a pas de liste noire non plus. Du moins officiellement : il n'est pas dit non plus qu'il ne reste pas des traces quelque part d'une précédente interpellation. Aeroflot, la compagnie russe, a depuis quelques années établi une liste de ses passagers intempérants mais continue de servir de l'alcool à bord. Une difficulté supplémentaire pour Aeroflot car l'alcool fait partie du lien social chez les Russes.
"Devant toutes ces situations, les équipages doivent avant tout désamorcer les conflits à bord", explique Mme Mariani. "Il faut prioritairement répondre au problème posé par l'écoute des passagers, par de l'empathie, par de la compréhension", poursuit-elle.
Si le fauteur de troubles ne se calme pas et continue à semer la panique dans la cabine, le commandant de bord - qui est tenu au courant de ce qui se passe - peut prendre la décision de faire mettre des liens de contention au passager récalcitrant, ce qui s'est passé dans le cas de Jean-Luc Delarue. Les équipages sont régulièrement entraînés pour pouvoir immobiliser le passager en question sans qu'il n'y ait de risque physique tant du côté du personnel navigant commercial que du côté passager. Cette mesure est très rare, admet-on à Air France, puisqu'elle concerne une vingtaine de personnes par an.
Le commandant de bord a également la possibilité de demander à la police d'accueillir les passagers récalcitrants à l'arrivée. L'ultime mesure, décidée par le commandant de bord, reste le détournement de l'avion de sa ville de destination et le débarquement du fâcheux. A ses frais. Mieux vaut alors être fortuné.
NDLR : Notre délégué de l'Alliance, Jean Marc QUATTROCHI devrait participer à une émission de LCI sur ce thème ce matin entre 10 et 11 heures.
Par ailleurs, nous avons mandaté, notre avocat pour intervenir en tant que partie civile dans les suites judiciaires consécutives à l’événement qui s’est déroulé le 13 février dernier sur le vol AF 990 entre CDG et JNB, mettant en cause M. Delarue qui a agressé des membres d’équipage de cabine.
Droit social :
easyJet appliquera la loi française "si elle le doit"
Source Le Monde
A l'époque, un porte-parole d'easyJet avait déclaré que ce décret, s'il avait pour effet d'augmenter les coûts, " pourrait remettre en cause les perspectives de développement d'easyJet en France". Ce ne semble plus être le cas aujourd'hui.
En effet, M. Harrison a dévoilé quelques objectifs : la compagnie veut atteindre la barre des 6 millions de passagers en France en 2007 - contre 5,4 millions en 2006 - et compte ouvrir six nouvelles lignes au départ de Paris et des régions.
EasyJet ambitionne aussi de développer sa clientèle d'affaires à partir de l'aéroport d'Orly, notamment celle des PME, qui représentent aujourd'hui 30 % des passagers de la compagnie. "Pour dix millions d'habitants installés en région parisienne, l'offre "low-cost" est anormalement sous-développée", estime M. Harrison, qui rappelle qu'en Europe un tiers des vols est assuré par des compagnies à bas coûts, alors qu'"en France ce chiffre n'atteint que 16 %".
Dragons au musée Guimet
Pour l'exposition "Dragons et compagnie", le musée Guimet a conçu un mini-site pour les enfants, un parcours ludique et interactif qui offre à explorer huit œuvres de la richesse des arts asiatiques.

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