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Sommaire :
- Notre courrier du 25/02/2004 à tous nos adhérents à propos de la signature de protocole de service Moyen Courrier
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Notre courrier du 25/02/2004 à tous nos adhérents à propos de la signature de protocole de service Moyen Courrier
LDS 14/02 FM
Roissy, le 25 février 2004
Chers adhérents,
La négociation du protocole de service à bord Moyen-Courrier s’est achevée le 10 février et nous avons décidé d’apposer notre signature sur cet accord. Cette signature est accompagnée d’une réserve importante à savoir qu’un accord intervienne rapidement dans le cadre du suivi de l’accord concernant l’allégement du produit sur les vols longs et une redéfinition des versions cabines. La partie produit est en effet traitée dans les annexes de l’accord, et ces annexes ne sont pas encore signées. Il reste encore à conduire ces négociations qui promettent d’être animées !
Ces négociations se concluent avec le dépôt d’un préavis de grève de plusieurs syndicats PNC. Il est donc essentiel que nous vous expliquions de façon directe et argumentée les raisons de notre signature (même si elle est accompagnée de réserves importantes) et nos réflexions sur ce sujet très important pour notre métier et pour nos emplois.
Depuis longtemps déjà nous nourrissions les plus grandes inquiétudes sur la survie d’une exploitation Moyen-Courrier sur le modèle Air France à l’intérieur d’une compagnie aérienne internationale globale. Prise entre le TGV et les compagnies « low cost » nous savions que la tentation serait forte pour Air France de faire des économies sur ce secteur d’activité essentiel pour l’alimentation du hub mais peu concurrentiel par rapport à Easy jet, Ryanair, etc.
La concurrence
exercée par des compagnies principalement britanniques, avec des salaires
de base nettement inférieurs aux nôtres, des charges sociales beaucoup
plus faibles et dans lesquelles les PN peuvent voler sans les limitations que
nous réussissons à imposer aux compagnies françaises, tire
immanquablement nos conditions d’emploi PN vers le bas,
quantitativement et qualitativement. Les dernières statistiques de la
DGAC sont à cet égard édifiantes : Easy Jet est devenue
le 2e opérateur sur le marché français alors que le trafic
intérieur est retombé à son niveau de 1997 ! Seule Brit
Air réussit à tirer son épingle du jeu, mais cela n’apporte
rien à l’emploi PNC à Air France sur Moyen-Courrier. Au
contraire même, sans que nos collègues PNC de Brit Air n’en
soient responsables, la filialisation de l’exploitation MC fait peser
une menace sur le modèle social que nous cherchons à préserver
en interne à Air France.
C’est dans ce contexte, qu’au mois de décembre, la Direction
a dénoncé le protocole de service Moyen-Courrier pour tenter de
stopper le déficit de 100 millions d’Euros sur Moyen-Courrier,
cela à l’intérieur d’un vaste plan d’économies
de 1 milliard d’Euros à l’échelle de l’ensemble
de la Compagnie. Comme nous le craignions, la Direction nous a informés
brutalement de son intention d’instaurer des compositions d’équipage
mini réglementaires sur tous les avions, de même qu’elle
va réduire drastiquement les effectifs de personnels sol en favorisant
les bornes libre service. Bien qu’étant animés d’une
suspicion naturelle et instinctive dès que la direction se sert du prétexte
d’un marasme économique pour réduire les effectifs, nous
ne pouvons ignorer les difficultés que rencontre aujourd’hui le
transport aérien en général et notre réseau
Moyen-Courrier en particulier.
Nous avons donc affiché clairement vis-à-vis de la Direction quelques points clefs, essentiels pour l’avenir de notre profession :
- Le plan de résistance à la crise de la compagnie devait préserver les emplois PNC, nous avons refusé l’externalisation ou la filialisation de l’exploitation Moyen-Courrier.
- Toute diminution de la composition d’équipage devait être accompagnée d’une diminution proportionnelle du service (pas d’augmentation des charges de travail individuelles à bord).
- Nous avons refusé le dogme du « mini qualif » systématique de certains membres de la Direction.
- Nous avons refusé la modulation des compositions d’équipage en fonction de critères non maîtrisés par les syndicats.
C’est donc avec deux axes de travail que nous avons négocié :
A) allégement
très significatif du service à bord pour ne pas augmenter
les charges de travail PNC,
B) pas plus d’un PNC en moins par équipage.
Sur le volet «
compo-peq », nous avons atteint notre objectif. Sur le volet
« produit », une simplification
des services et la suppression de certaines tâches sur
les vols courts ont déjà été obtenues. C’est
ainsi que, par exemple, sur tous les vols inférieurs à 3h les
prestations chaudes et froides servies sur plateaux et débarrassées
à la réglette sont remplacées par des assiettes consommables
débarrassées en vrac, et ce uniquement en classes C et S tandis
que des snacks et des friandises stockés en corbeille seront proposés
aux passagers des classes tempo. Ceci conduit à diminuer la durée
du service de façon telle que sur les vols d’essai que nous avons
chronométrés, tous les services ont été finalisés,
débarrassage compris bien avant le début de la descente, pour
exemple:
MAN=> 10 mn avant la descente
AMS=> 7 mn avant la descente
BLQ=> 20 mn avant la descente
Si nous avons choisi ces 3 vols d’essai pour illustrer nos propos c’est
parce qu’ils ont été effectués sur des avions complets
… sur A318… et à 3 PNC.
Nous tenons d’ailleurs à disposition de nos collègues PNC
les comptes-rendus de tous les vols d’essai réalisés par
nos délégués MC sur 319, 320, 321 et 737.
Cependant, un gros travail reste à faire dans le comité de suivi, réservé aux signataires, pour faire évoluer le produit sur les vols longs. Nous travaillons sur deux points principaux : diminution du nombre de versions (les plus pénalisantes) et suppression de certaines prestations chaudes sur les vols longs. Même si les vols longs ne représentent qu’environ 12 % de notre activité sur Moyen-Courrier, se sont bien souvent les vols les plus pénibles et donc, les vols sur lesquels nous devons être plus vigilants pour ne pas que le marketing impose un service LC avec compo-peq MC.
L’autre point noir que nous voulons résoudre c’est celui de l’interface sol/vol qui est très problématique pour le CC. Nous devons absolument réussir à simplifier cette phase essentielle du vol et à pousser la Compagnie à trouver les moyens humains au sol pour décharger le CC de certaines de ses tâches. Ce problème n’est pas nouveau, mais les compositions d’équipage réduites vont le rendre plus crucial. Nous avons bon espoir de pouvoir exercer les pressions nécessaires, au plus haut niveau de l’entreprise, pour enfin obtenir des résultats concrets sur ce sujet critique.
Il convient d’observer qu’Air France est la seule compagnie à mettre dans un protocole d’accord la définition des services et la composition d’équipage. Dans la plupart des autres compagnies tout cela est laissé à la main de la direction qui aménage comme elle l’entend le service et le nombre de PNC. Notre volonté est de continuer à intégrer les services dans un accord pour garder la main sur ce qui fait notre travail de tous les jours et ce qui peut nous rendre la vie impossible si on laisse les « as » du marketing qui ne connaissent des avions que les maquettes dans lesquelles ils simulent leurs inventions.
Même si, nous avons fait du travail en intersyndicale sur ce sujet, force est de reconnaître que nous n’avons pas pu fédérer nos collègues des autres syndicats sur notre projet. Certains et non des moindres n’ayant même pas jugé utile de participer aux vols d’essai !
En guise de conclusion, avec cet accord, nous avons réussi à sauvegarder le Moyen Courrier en interne à Air France, les PNC en sureffectif sur le MC bénéficieront de la mobilité pour aller sur LC et cela dès le 1er avril. Ajoutés aux embauches prévues avec l’arrivée de nouveaux avions sur LC ce sont au total près de 1000 PNC qui bénéficieront de la mobilité pour aller sur LC au cours de l’année 2004. Et parce que nous ne voulons pas que les charges de travail individuelles du PNC soient augmentées et parce que nous voulons contractualiser les méthodes de services dans un véritable accord plutôt que de laisser le marketing imaginer des services irréalistes, la négociation doit continuer à l’intérieur du comité de suivi.
Même si des résultats significatifs ont déjà été obtenus sur l’allégement du service, notre travail continue. Voici les raisons qui ont conduit les délégués de l’UNAC à signer ce protocole d’accord sur les compositions d’équipage et le service à bord, signature conditionnée à la satisfaction de nos demandes sur la simplification du « produit ».
Par conséquent, nous n’appelons pas à participer au mouvement de grève déclenché par certains syndicats.
Les délégués syndicaux de l’UNAC
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