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SOLIDARITE, UN BIEN JOLI MOT… tract «ALLIANCE PNC» de ce jour
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SOLIDARITE, UN BIEN
JOLI MOT… tract
«ALLIANCE PNC» de ce jour
Nous
avons découvert que cinq organisations syndicales, la CFDT,
la CFTC, FO PNC, l’UGICT-CGT et l’UNSA PNC ont
déposé un préavis de grève
pour le lundi 16 mai, afin de protester contre l’application
de la loi sur la journée de solidarité. Cette
démarche est pour le moins surprenante à
plusieurs égards. Une
grève est un acte lourd de conséquence pour les
personnels et y faire recours, sans prendre la précaution de
tenter une mobilisation la plus large possible, c’est prendre
une grave responsabilité. Si l’on
déplore le manque de dialogue et le manque de
cohésion syndicale (mais
après tout, la diversité syndicale
n’est que l’expression démocratique des
attentes des salariés),
il est autrement insupportable de constater que cinq sections
syndicales PNC, rattachées à cinq
confédérations sol, ne jouent pas
la solidarité entre les personnels PN/PS,
au titre de la mobilisation, puisque seuls
les PNC sont appelés à faire grève le
16 mai. Et
pour cause, pour le personnel sol qui travaille le lundi de
pentecôte, faire grève c’est renoncer
à une journée de
récupération et à une majoration
salariale au titre du jour férié. C’est
un peu comme si un syndicat PNC appelait à la
grève un premier mai entre 00h00 et 23h59 ; autant
se tirer une balle dans le pied. On
peut donc légitimement regretter que cette action ne
mobilise qu’une catégorie de personnel pour
ladéfense des conditions de travail des 60 000
employés d’Air France, pire, que ces syndicats
n’ont pas le talent nécessaire pour sensibiliser
leurs centrales afin qu’elles portent ce sujet sur un plan
national et obtiennent une mobilisation en conséquence.
D’ailleurs, souvenez vous : les réactions
syndicales, au niveau national, ont été plus que
timorées lors de la promulgation de cette loi. On peut
souligner à l’occasion, le coup de
génie « marketing » du
gouvernement Raffarin qui, en nommant cette loi
« journée de
solidarité », s’est
coupé de bien des oppositions, tant il est difficile
culturellement pour des syndicats, de contester une démarche
empreinte d’une symbolique aussi forte que celle de la
« solidarité ». Loin
de nous l’idée de nous opposer à un
dépôt de préavis, on ne le
répètera jamais assez la grève
est un droit essentiel du salarié français
et il est de la responsabilité des sections syndicales
d’apprécier l’opportunité
d’y avoir recours. Cependant la forte identité
corporatiste qui marque nos deux organisations syndicales nous laisse
à penser qu’il y a une sorte d’injustice
à
faire porter le fardeau du combat à la seule population PNC,
en lui demandant de perdre un trentième de salaire quand
d’autres ne perdront rien ou seulement la valeur
d’un débrayage de quelques minutes. De
plus, si le fait de faire grève le lundi de
Pentecôte peut avoir un sens pour ceux qui se voient
supprimer ce jour précédemment
férié, cela n’a plus aucun sens pour
ceux qui comme les PNC ne subissent aucun changement le lundi
dePentecôte (les PN peuvent travailler les jours
fériés, ils bénéficient
pour cela de 6 jours de congés supplémentaires de
façon forfaitaire). Pourquoi sommes-nous
opposés à l’application de la
loi du 30 juin 2004 relative
à la solidarité pour l’autonomie des
personnes âgées et
handicapées ? ¨ Ni les pouvoirs publics
(nos interlocuteurs dans les
ministères avouent s’arracher les cheveux depuis
de nombreux mois pour imaginer ce quepourrait être une
application PN de cette loi mal pensée…), ni la
Compagnie ne nous ont convaincus que nous étions
concernés par l’application de cette loi. Elle
s’applique aux salariés relevant du Code du
Travail. Or en termes de régime d’emploi,
durée et temps de travail, les PNC relèvent du
Code de l’Aviation Civile. Le seul argument qui nous a
été opposé c’est que si
cette loi s’appliquait à une partie de la
population salariée, elle devrait s’appliquer
à l’ensemble, au titre de
l’équité et de
l’équilibre social de l’entreprise. En
rhétorique, l’inverse est aussi vrai. ¨ La
loi prévoit l’augmentation de 7h00, de la
Durée Normale duTravail annuelle (DNT), soit pour un
« salarié classique »,
le passage d’une DNT annuelle de 1600 heures à
1607 heures. La DNT du PNC est fixée à 741h de
vol, elle ne peut être modifiée que par voie
d’accord puisqu’il n’existe aucune table
de conversion (heures de vol/heures de travail sol) légale…
¨ En
cédant une
journée de repos annuelle, nous imaginons bien que nous ne
serions pas traités de façon uniforme en termes
d’exploitation, certains utilisés sur cette
journée (elle doit être
codifiée : « journée
solidarité » sur le bulletin de paie) se
verraient attribuer un vol« long
range », quand d’autres le même
jour, seraient en dispersion, ou engagés sur des temps de
vol inférieurs. ¨ Aucune
disposition dans l’accord ne traite des PNC en temps
alterné, alors que la loi prévoit une
proratisation des heures de travail à effectuer en fonction
du rythme d’activité du salarié. Devant
l’ampleur de la tâche, en termes
d’application, certaines entreprises, et pas des moindres,
ont pris l’initiative de ne pas
récupérer cette journée de
solidarité. Nous demandons le
même traitement.
L’échange impôt sur la masse salariale
contre un hypothétique gain de productivité
supplémentaire n’a visiblement pas convaincu les
directions de TF1 et consort. De la même manière,
pas besoin d’être grand Vizir ou
économiste émérite pour
s’apercevoir qu’en supprimant une
journée de repos,la Compagnie ne va pas augmenter sa
production et créer des vols supplémentaires pour
les seuls mois de juin et de février. De la même
manière TF1 ne va pas élargir sa diffusion de
programme au-delà de sa grille de 24 heures, le 16 mai
prochain. La
récupération de cette journée ne peut
avoir qu’un effet économique limité et
aléatoire. Pour la production PNC, il se traduirait
vraisemblablement par l’obtention
d’une certaine souplesse pour
l’élaboration des TDS, tout en
dégageant un matelas de journées de dispersion
supplémentaires, une sorte de ceinture par-dessus les
bretelles, quand les réserves sont couvertes.
D’ailleurs comme nous vous le disions plus haut, le projet de
la Compagnie tel qu’il nous a été
présenté n’envisage aucun
déplafonnement des seuils et des limitations
d’heures de vol. Nous
avons alerté et interpellé la Direction et les
pouvoirs publics à maintes reprises de notre
désaccord sur l’application de cette loi aux
personnels navigants commerciaux, il nous a
été à chaque fois répondu
qu’il était urgent d’attendre.
Urgent d’attendre
qu’au détour d’un proche remaniement
ministériel, cette loi soit enfin abrogée. Ce
n’est un « scoop » pour
personne et surtout pas pour la Compagnie qui du haut de ses cinquante
années d’entreprise publique garde toujours des
liens privilégiés avec les
« milieux autorisés ».
D’après
nos sources, qui sont loin d’être
secrètes ou mystérieuses, (rapprochez-vous de nos
collègues de l’élaboration), les
services de la production ont bien provisionné tous les
jours OFF sur le mois de juin. Dans ces conditions il nous
paraît superflu et prématuré
d’appeler les PNC à la grève pour
obtenir ce que tout le monde pense avoir déjà
obtenu. Dans
13 jours, à la sortie des TDS, il sera bien temps
d’aviser et de vérifier si cette
journée solidarité correspond à une
journée de travail supplémentaire ou à
une journée de dispersion.
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