Sommaire :
Porte 5G des B 777-300 ER
"On est allé chercher des avions-poubelles"
Porte 5G des B 777-300 ER
Tout le monde ne semble pas avoir compris notre première alerte à propos de l'aménagement de la porte 5G que nous jugions déjà accidentogène en juin 2004.
Notre Président et son adjoint ont même, soi-disant, jamais été informés de ce problème.
Oublié aussi le danger grave et imminent toujours en cours et déposé par le CHSCT PN au sein de leur Compagnie.
Zappées de même, la volée de questions des délégués du personnel à ce propos à l'ordre du jour mensuel de la même Compagnie Air France.
Si effectivement toute la Compagnie s'est réjouie d'une évacuation du Toronto sans victime par quasiment une seule porte utilisable de façon nominale. Ceux qui ont décidé d'implanter ce meuble ont sans doute connu un soulagement supplémentaire que cela ne se déroule pas en 5G d'un 777, dans le piège qu'ils ont mis en place !
En bref, nous recommençons nos démarches pour un démontage de ce meuble dégradant le potentiel d'évacuation de cette porte 5G, en adressant le courrier ci-dessous.
AIR FRANCE
Ref : LDS
05/08/51.FM Roissy, le 30 août 2005
Monsieur
le Directeur,Le 24 juin 2004, nous adressions au Directeur des Ressources Humaines PN le courrier ci-joint, relatif au nouvel aménagement de la porte 5 G des B777-300 ER. Cette alerte, quant à la dégradation des conditions d’évacuation par cette porte, du fait de l’installation d’un meuble de rangement, est restée lettre morte. La notoire dégradation des moyens d’évacuation de l’AF 358 met en lumière l’importance de ne pas dégrader volontairement, au prétexte d’aménagements commerciaux, le potentiel d’évacuation de chaque issue. Or, bien que réglementairement reconnue comme une issue de type A par la DGAC, la porte 5 G des B777-300 ER n’offre d’évidence plus les capacités d’évacuation que présentent les autres portes de B777. Nous renouvelons donc auprès de vous notre demande de démontage de ces meubles de rangement. Revevez, Monsieur le Directeur, l’expression de nos salutations les plus distinguées. Franck MIKULA,
Président de l'UNAC
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Notre premier courrier à la Direction en date du 24 juin 2004 :
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Monsieur Alain MALKA
Directeur des ressources Humaines PN 45 rue de Paris BP10201 95747 Roissy CDG Cedex Par
télécopie et email Ref. LDS.07.06/FM Le 25 juin 2004 Monsieur le Directeur,
En effet dans le cadre d’une évacuation, ce meuble constitue pour le PNC responsable de cette porte un obstacle qui lui interdit un positionnement efficace pour son point de commandement. La « chapelle », (emplacement de sécurité où se situe une poignée à laquelle s’accroche le PNC lors de l’ouverture de la porte, lui permettant de se maintenir hors du flot des passagers tout au long de l’évacuation), est quasiment inexistante. Le PNC pourrait être éjecté de la cabine dès l’ouverture de la porte. Dans l’alternative, sa position constituerait un obstacle. Il est à noter, que même un PNC particulièrement menu(e) qui aurait réussi à se glisser dans la chapelle aurait le plus grand mal a actionner la poignée d’ouverture puis à assurer le commandement (ce meuble ne lui permettant pas d’exercer une poussée au bas des reins des passagers, dans l’axes du toboggan). D’autres part, l’accès à certains matériels de sécurité, tel que le mégaphone, situé dans un logement, fermé par une porte au bas de ce renfoncement exigu, (la chapelle), n’est pas aisé et ne correspond pas à la célérité nécessaire à l’application de mesures d’urgences. Enfin, l’apparent bricolage dans la fixation de ce meuble nous autorise à nous nous interroger sur sa certification. En cas d’accident, un BEA ne manquera pas de se poser les mêmes questions. En conséquence Monsieur le Directeur, nous vous demandons la suppression de ce meuble. Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, nos salutations les meilleures. Franck MIKULA Vice-Président |
"On est allé chercher des avions-poubelles"
Source Le Monde
Interview de RAPHAËL NAYARADOU, directeur général et gérant de Roger Albert Voyages, principale agence de voyages en Martinique
Ancien président du Syndicat national des agences de voyages (SNAV) pour les Antilles-Guyane, vous êtes très affecté par l'accident de l'avion de la compagnie colombienne West Caribbean lors duquel 160 personnes ont péri, le 16 août. Mais aussi très en colère...
Je ne peux qu'être bouleversé. En regardant les photos de ce bébé, en première page de France-Antilles , je me demande : pourquoi les parents ne me l'ont-ils pas confié avant de partir ?
Je suis en colère, effectivement. C'est compliqué pour moi de m'exprimer. On va me dire : si vous saviez qu'il y avait des vols dangereux, des agences de voyages qui ne font pas leur travail correctement, si vous saviez que des vies humaines étaient en danger, pourquoi n'avez-vous rien dit ? J'ai une conscience. J'ai quarante-deux ans d'expérience. Je veux dire aujourd'hui que je savais, que nous savions, que c'étaient des cercueils volants que les gens affrétaient. Et ça me tue.
On savait que la West Caribbean n'était pas sûre ?
On ne peut jamais prévoir un accident. Mais on a été taquiner le mammouth en allant chercher, au prix le plus bas, des avions-poubelles pour desservir la Caraïbe. Nous allons à la catastrophe, et au bout d'un moment je crois qu'il faut parler. Il serait bien de tirer les leçons de ce drame pour donner un début d'assurance aux passagers.
Le drame était évitable ?
Je ne veux prendre personne à partie, mais je dis qu'un minimum de contrôle devrait être effectué sur tous ces avions. Ce n'est pas en 45 minutes ou une heure de temps que l'on sait ce qu'ils valent.
Aviez-vous déjà entendu parler de cette compagnie colombienne ?
Jusqu'à ces derniers jours, non, mais il suffisait d'aller aux renseignements pour savoir qu'un avion de cette compagnie avait déjà été victime d'un crash, au mois de mars 2005, et que tout le reste de sa flotte était immobilisé. Les agences de voyages, ici, savent bien que toutes ces petites compagnies de Colombie sont des compagnies folkloriques, pour ne pas dire pire.
Votre agence ne travaille pas avec ces compagnies ?
Jamais je n'aurai recours aux compagnies colombiennes. De toutes celles d'Amérique latine, nous savons que ce sont les pires. Personnellement, la seule que j'aurais affrétée, c'est la COPA, la compagnie nationale panaméenne, qui présente un certain nombre de garanties. On attendait depuis longtemps l'accident d'un avion cubain, c'est un avion colombien, mais ce n'est pas une surprise.
La COPA n'était pas disponible, selon l'affréteur.
Chaque agence doit se demander en conscience si elle peut proposer une destination.
Comment une agence peut-elle vérifier l'état de service d'une compagnie ?
On se débrouille. On essaie par la bande. C'est presque une question de déontologie personnelle. Un vrai professionnel a toujours un correspondant dans le pays. On peut aussi vérifier ce que vaut la compagnie en se faisant fournir des contrats d'assurances. Mais beaucoup ne cherchent pas. Ils veulent seulement une compagnie capable d'assurer tel vol au tarif le plus bas possible.
L'agence de voyages est donc responsable ?
La loi dit que c'est celui qui encaisse qui endosse la responsabilité. Les agences qui se spécialisent dans des voyages au moindre coût avec des compagnies marginales paient aujourd'hui les sinistres conséquences de leur choix. C'est la conséquence du tourisme de masse.
Mais il y a aussi d'autres responsables, comme ceux qui font les contrôles, beaucoup trop légers, et effectués par le pays d'origine de la compagnie. Quand on sait que, dans les pays sud-américains, tout s'achète aujourd'hui... Et qui prendra le risque politique d'aller se fâcher avec Cuba ?
L'aviation civile réalise aussi des contrôles.
Je prends mes responsabilités et je le dis : je n'ai jamais vu l'aviation civile refuser un charter, sauf s'il vient faire concurrence avec une ligne d'une compagnie française. Or l'aviation civile est maître du territoire. C'est elle qui peut demander à un avion de s'immobiliser deux heures au sol pour un contrôle. C'est elle qui décide ou accepte un atterrissage.
Vous pensez qu'aux Antilles les vols sont moins sûrs qu'en métropole ?
Oui, car aux Antilles-Guyane, les ailes françaises sont absentes, et je le regrette. Pour les charters long-courriers, nous n'avons qu'un malheureux Airbus d'Air France et deux petits jets d'Air Caraïbes, qui tournent à plein.
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