Newsletter UNAC n° 231 du vendredi 8 octobre 2004
Sommaire :
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TOUJOURS PLUS SUR
MC ? tract
de ce jour
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TOUJOURS PLUS SUR MC ? tract de ce jour
Lors de la négociation du protocole de service à bord Moyen-Courrier au début de l’année 2004 il était prévu qu’un point d’étape soit effectué au bout de 6 mois pour mesurer l’impact de ce nouveau service sur les charges de travail du PNC et sur le retour à l’équilibre économique escompté sur le MC. Ce point d’étape s’est effectué le 30 septembre dernier.
RAPPEL
Pour réaliser les économies attendues (150 millions d’euros) sur trois ans, l’équation voulue par la Direction était la suivante :
Compo-Peq réduite + service et prestations revues à la baisse = possibilité de baisse du prix des billets pour affronter la concurrence et donc retour espéré des pax sur les avions AF.
Pour les syndicats signataires de ce protocole, le raisonnement n’est pas le même : la Direction ayant défini une composition d’équipage, nous devons vérifier que les charges de travail à bord sont bien diminuées pour être en adéquation avec cette nouvelle Compo-Peq.
UN JOUR OFF SUPPLÉMENTAIRE EXCEPTIONNEL
Pour compenser la mise
en œuvre désastreuse du nouveau produit au printemps dernier
et l’exploitation commerciale non protocolaire des 3 sièges
supplémentaires sur A 319, il sera attribué un jour
OFF supplémentaire pour les PNC MC.
Les discussions vont cependant continuer sur les modalités d’attribution
car nous voulons obtenir la garantie que ce jour ne sera pas recouvert par
du RPC. À suivre…
ÉTAT D’URGENCE SUR LE MC
La Direction a présenté des résultats économiques très négatifs notamment en raison de l’augmentation du prix du pétrole. Elle n’a pas non plus manqué de faire observer que d’autres grandes compagnies Européennes (Lufthansa par exemple) envisagent d’utiliser d’autres moyens (sous-traitance, délocalisation) pour faire face à la crise. Le Directeur du réseau MC annonce vouloir déclarer l’état d’urgence sur MC.
Mais lorsque nous avons demandé qu’une information soit faite auprès de tous les salariés avec les résultats économiques du MC, il nous fut répondu que parce qu’Air France est une société cotée en bourse, toute information négative ferait baisser la valeur de l’action et que ce n’était pas envisageable… Ils nous ont également demandé de conserver la plus grande confidentialité sur les chiffres présentés.
Donc en clair, taisez-vous, faites des efforts, mais souffrez en silence pour ne pas faire peur aux actionnaires !
Alors de deux choses l’une, ou on nous raconte des craques pour nous faire avaler une augmentation des charges de travail à bord, ou les résultats sont réellement aussi négatifs qu’ils nous le disent et, dans ce cas, non seulement il faut informer tout le monde, mais il faut sans doute prendre des mesures d’un autre ordre que ce qui nous est demandé pendant cette réunion.
QUELLES SONT LES DEMANDES DE LA DIRECTION ?
Pour augmenter
l’offre en sièges et pour faire revenir les
passagers, la Direction veut :
• Optimiser la flotte par l’ajout de sièges comme elle
l’a déjà fait sur les A 319 (+3 sièges) avec
+ 6 sièges sur A320 et +12 sièges sur A321.
• Un service de café dissocié sur les vols de 1h45 à
2h29.
• Une deuxième offre de café sur le petit déjeuner
sur les vols de 1h45 à 2h29.
• Un vestiaire en libre-service sur tous les vols pour les passagers
C.
De toutes ces mesures, celle qui nous paraît avoir effectivement une vertu économique c’est l’augmentation du nombre de sièges. La compagnie n’envisageant pas d’acheter de nouveaux avions au cours des cinq prochaines années, la seule croissance potentielle de l’offre passe à travers la densification de la cabine. Même si cela veut dire une augmentation du ratio passagers par PNC, celui-ci reste à l’intérieur des limites définies par le protocole.
Les autres demandes de la Direction ne concernent que le service à bord et là, franchement, on peut douter que cela soit de nature à « sauver » le moyen-courrier (si l’on admet qu’il soit « à sauver »). Nous y voyons plutôt une tentative de « revanche » du service Marketing qui a mal digéré de se voir imposer une simplification drastique du produit pendant la négociation du début de l’année.
Les arguments développés par la Direction s’appuient sur les enquêtes faites auprès des passagers et... sur les retours d’un grand nombre de PNC ! Nous savons bien que les PNC ne refusent pas de servir un café ou un thé supplémentaire, aux passagers qui en font la demande. Mais entre ce service de café à la demande, lorsque l’avion n’est pas complet, et un service de café systématique avec une cabine complète ce n’est pas la même affaire en termes de charges de travail à bord.
Nous ne parlerons même pas du vestiaire en C. Il n’y a jamais eu de service vestiaire, comment pourrions-nous concevoir, alors que le nombre de PNC a diminué, que ce service soit maintenant créé ?
UN NOUVEAU PAYSAGE SOCIAL
Une chose doit être claire pour tout le monde, la privatisation annonce de nouvelles règles en matière de relations sociales dans l’entreprise. Six mois après avoir signé le protocole de service, la Direction entend revenir sur l’équilibre des charges de travail du PNC… pas nous !
Mais ce n’est pas tout, pendant cette réunion de « point d’étape », un autre message a clairement été exprimé par la Direction : « le prochain Accord Collectif PNC AF 2008/20XX ne sera pas aussi généreux… » !
Il y a fort à parier que la Direction ne manquera pas, tôt ou tard, de mettre en balance l’emploi et des évolutions du service à bord. La délocalisation (ou la sous-traitance pour le transport aérien) est aujourd’hui l’argument majeur des entreprises pour réformer le dialogue social et obtenir encore plus de productivité. Si nous ne sommes pas complètement sourds, à l’évocation de certains arguments économiques, il nous semble exagéré de tenter de faire croire au PNC que son emploi est directement lié à une tasse de café supplémentaire ou un service vestiaire irréalisable.
De notre point de vue,
les choses sont beaucoup plus simples : si les services « marketing
» veulent augmenter la satisfaction passager, eh bien, qu’ils
innovent sur le qualitatif plutôt que sur le quantitatif.
À travers les enquêtes, le PNC, lui, recueille de la
part des passagers une forte reconnaissance de son professionnalisme. C’est
un argument commercial fort qui est à mettre en avant pour sauver
un moyen-courrier aujourd’hui dans une passe difficile.
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