Newsletter UNAC n° 276 du dimanche 26 décembre 2004
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Ce n'est un secret pour personne, les valeurs accordées jusqu'à présent au dialogue social dans les entreprises sont en pleine mutation. Il suffit d'ouvrir les journaux, pour s'apercevoir que les acquis, même récents, sont désormais plus que précaires. Remise en cause des lois sur le licenciement économique, remise en cause de la loi sur la RTT, remise en cause des règles de la négociation collective, et demain, quoi ? Les différentes réformes du droit du travail, soutenues par les différents gouvernements quelle que soit leur obédience, tendent petit à petit vers une vision très MEDEF du rôle des partenaires sociaux dans l'entreprise. Les lois de l'économie de marché tendent à imposer en permanence des gains de productivité pour satisfaire à l'équilibre concurrentiel. La délocalisation se banalise et les salariés entendent les chiffres des emplois perdus avec à peu près autant d'inertie que les conducteurs n'entendent les bilans statistiques de morts sur la route : gentiment, sans émoi... Et moi, et moi et moi ! Comment en est on arrivé là ? Certains diront la faiblesse des hommes politiques, la perte de crédit des idéologies, d'autres l'économie de marché, d'autres la mondialisation, qui peut réellement le dire et y a-t-il une cause unique ? Les syndicats portent eux aussi leur part de responsabilité, ont-ils été suffisamment visionnaires, convaincants, déconnectés du pouvoir politique, pour faire les justes choix en terme de défense des salariés, certainement que non. Preuve en est, en France, le taux de syndicalisation est en perpétuelle chute libre, tout comme l'intêret porté aux élections professionnelles. Aujourd'hui le syndicalisme qui privilégie la politique contractuelle et la négociation est perçue, en France, comme un syndicalisme de « compromission ». A contrario, le syndicalisme qui dénonce sans agir est apprécié comme un syndicalisme de revendication. Un peu comme la grenouille que l'on plonge dans l'eau froide, pour la faire bouillir et qui ne saute pas du contenant, certains syndicats continuent d'illusionner les salariés, à grand renfort de « c'est pas possible, on vous ment ! » sans rien faire et sans négocier, jusqu'à s'apercevoir qu'on est cuit. Pour autant sans méconnaitre la vraie vie et la dure réalité, le rôle des partenaires sociaux n'est pas de se faire l'écho du catastrophisme économique à la place des Directions soucieuses de ménager leurs conseils d'administration, leurs investisseurs, leurs actionnaires et ainsi d'optimiser leurs cotations boursières. Il est trop facile, de demander aux partenaires sociaux de jouer un rôle d'amortisseur entre la réalité économique et le mécontentement des salariés. Pour ce qui nous concerne, à l'UNAC, le type de syndicalisme que nous entendons mener n'est pas forcément le plus simple. Nous sommes attachés au contractuel et à la négociation, ce n'est pas être visionnaire que de dire que la privatisation d'Air France nous apportera son lot de tentatives de « réformes », avec des « vieilles idées neuves » : la notation des HST par les CC, la suppression du comptage PNC, l'assouplissement des règles d'utilisation, l'augmentation des charges de travail, la révision des procédures de contact, etc, etc... A notre sens, la solution à ces problèmes dépendra de la cohésion du PNC. C'est dans le rassemblement des PNC derrière leurs syndicats, par la refondation d'une véritable collectivité PNC et par l'union des syndicats eux-mêmes, que nous trouverons les ressources nécessaires pour défendre notre métier. Régulièrement nous vous expliquons la nécessité quasi-vitale de vous syndiquer et de voter aux élections professionnelles, pour d'une part, montrer à la Direction que la communauté PNC n'est pas qu'une somme d'individualités fantasques et d'autre part que cette communauté entend défendre son métier, aussi ludique puisse-t-il paraître à certains. Pourtant, les chiffres de l'abstention aux dernières élections, récemment dépouillées démontrent que nous ne sommes pas entendus. MEA CULPA, ce discours, un peu scolaire peut ne pas vous plaire et vous êtes en droit de nous rétorquer : « Vous êtes bien gentils de nous faire la leçon, mais vous syndicats PNC, n'êtes pas foutus de vous rassembler pour défendre nos intêrets. » Eh bien vous avez raison, le bon sens veut que nous nous rassemblions pour être plus forts et pour mieux défendre notre métier. Depuis un an nous oeuvrons à nous rapprocher du SNPNC, avec comme objectif à moyen terme de fusionner pour mieux défendre les PNC. Pourquoi le SNPNC, parce que comme nous, il prône la sauvegarde de notre métier par la négociation d'accords collectifs permettant d'établir des garanties stables dans la durée. Nous sommes convaincus que l'éparpillement et l'usage abusif de la démagogie nous entraine fatalement vers des lendemains terribles. Sans jouer les experts de la crise économique mondiale, sans vouloir vous alarmer sur les difficultés que rencontrent les entreprises du monde aérien, sans surtout prendre le risque de vouloir justifier telle ou telle dégradation de nos conditions de travail, dites-vous bien qu'aujourd'hui l'ambition de la Compagnie, c'est encore et toujours plus de productivité que le baril de pétrole soit à 10 ou à 60 dollars. Nous, nous nous engageons, à mettre tout en oeuvre, pour batir un front syndical uni et faire face à un avenir terrifiant; l'Alliance en est la première pierre. Rebondissez ! Syndiquez-vous ! |
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Eric CHAUVEL |
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Délégué UNAC |
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