Notre
collègue est décédée cette nuit des suites
de sa chute
Nous avons appris ce matin, le
décès cette
nuit
de notre collègue, des suites de sa chute.
Les conditions précises de l'accident ne sont pas encore
établies et les différentes commissions d'enquête,
Compagnie, CHSCT sol et PN, Inspection du Travail et CRAMIF sont d'ores
et déjà en charge de découvrir les raisons de ce
dramatique accident. A leur charge aussi d'y apporter les mesures
correctives indispensables.
L'UNAC
prendra contact dès que possible avec la famille pour lui offrir
son aide face aux difficultés qu'elle aura à affronter.
Les délégués de l'UNAC
adressent leurs condoléances à la famille de notre
collègue.
Le dernier cas de chute fatale remonte au
3 octobre 1998 sur le
vol AF 702, CDG-ABJ. (réédition)
A 12h40, ce 3 octobre 1998, notre
collègue, Eric PIEL, Chef de cabine à l’arrière
d’un Airbus A310 Air France, chute de
la porte ARG en tentant de se rendre dans le camion ACNA accosté
à l’arrière gauche, pour y déposer de vieux
journaux.
Très gravement
blessé à la tête, évacué en urgence
vers l’hôpital de Sevran, il
décède des suites de ses blessures le 5 octobre 1998
à l’hôpital LARIBOISIERE où il avait
été transféré.
Bien que prévues au
GEN-OPS, aucune mesure de maintien ou
de relevé des éléments nécessaires à
l’enquête n’est prise (photographie, métrage des
positionnements, contrôle d’alcoolémie) puisque les opérations de chargement
reprennent à 13h05 et que le push-back à lieu 13h55.
Nous avions été
à l’époque et sommes toujours scandalisés par ces très
courtes 20 minutes de retard de ce vol qui ont permis
d’évacuer la victime, de faire monter un CC et un PNC de
réserve mais n’ont pas permis de figer les preuves et ainsi
d’établir rapidement les responsabilités.
Sa chute est due, à un
"pontet" déformé et au dysfonctionnement du "tiroir",
plate-forme métallique qui est positionnée une fois le
camion "au contact" et qui rend toute chute impossible entre la
plate-forme du camion et la carlingue.
Dans ce cas précis,
l’assistance hydraulique du "tiroir" ne fonctionnait pas mais le
chauffeur a poursuivi son travail ainsi, évoquant la pression
hiérarchique et temporelle qui l’amenait à faire des
impasses.
L’UNAC s’est porté partie
civile dans le procès initié par la famille d’Eric PIEL
et le résultat du jugement du 20 mars 2003 à
été le suivant :
- Le chauffeur
est relaxé.
- Le PDG d’ACNA
est condamné à une peine d’emprisonnement d’un an
assortie du sursis et à payer des dommages et
intérêts aux parents d’Eric PIEL et à la
mère de ses enfants.
- L’ACNA a
été déclarée civilement responsable.
Bien entendu, le PDG d’ACNA et
ACNA ont interjeté en appel.
Nous revenons sur ce terrible accident
pour les raisons suivantes :
Vous inciter à toujours plus de prudence dans la configuration
"portes ouvertes" et ce quelle que soit la précipitation
imposée par le respect des horaires.
Vous informer du jugement de cette
affaire qui confirme que rares sont
ceux qui échappent à leurs responsabilités même
si cela prend du temps (4 ans et demi).
Vous rappeler qu’un des axes de
défense d’ACNA a été de considérer qu’une
hôtesse qui avait remarqué l’usure du pontet ne l’avait
pas signalé au CDB et la jugeait donc responsable de cet
accident. Considéré sans suite par le tribunal.
Vous inciter dans tous les cas d’accidents à vous
référer à la check-list accident dans le
GEN-OPS qui a vu le jour suite au travail du CHSCT PN sur ce
thème. Vous la trouverez en copie à la fin de cette
newsletter sachant que le document de référence est le
GEN-OPS à bord.
Dans une situation
aussi mal gérée par le chef de mission au départ
du vol AF 702, il vous appartiendra de faire respecter le
référentiel que constitue la check-list pour ce qui vous
concerne ou concerne l'équipage PNC et ce quelquesoit votre
situation à bord, HOT/STW, CC, CCP, INS.
Vous inciter aussi à prendre votre temps pour faire le point sur
l’état psychologique de l’équipage soumis à des
conditions difficiles.
Vous rappeler que l’enquête du
CHSCT PN a fait ressortir des recommandations qui ont fait
évoluer les matériels : pontets solidaires des
plates-formes, formation des personnels ACNA, prise de conscience des
risques, contrôles accrus des éléments de
sécurité des camions.
Vous inciter à la plus grande précision dans vos
RDV lorsque vous identifiez une situation dangereuse.
Nous noterons enfin l’absence d’Air France de ce procès
pourtant donneur d’ordre.
Donneur d’ordre qui aurait
dû aussi en son temps prendre des mesures correctives puisqu’un danger similaire lui avait
été signalé dans un RDV, 6 mois avant l’accident.
Donneur d’ordre qui impose
toujours à tous, PNT, PNC et services annexes, une pression
temporelle constante dans le cadre du fonctionnement minuté de
son HUB.
Simple
illustration de cette pression temporelle qui nous fait tout
faire trop vite, l’avitaillement carburant qui est maintenant la
règle durant l’embarquement des passagers alors qu’il y a une dizaine d’année cette
phase était considérée comme critique et
non courante.