Newsletter UNAC
n° 326 du samedi 2 avril 2005
Sommaire :
Service
Boissons J
Le sumotori de la taxe sur les
transports aériens
Air France souhaite se
désengager d'Air Austral
La compagnie aérienne
américaine cherche à économiser 240 millions de
dollars
Air France supprime demain les
commissions qu'elle leur versait sur les billets
Le site Jobdumping met en ligne des
offres d'emplois.
Sécurité
aérienne en progrès, procédures judiciaires en
panne
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Service
Boissons J
Fin
2002, nous avions constaté que rien n’indiquait la
méthode de service Boissons J, à savoir, si les verres de
champagne devaient être remplis à l’office ou devant le
passager comme en P. Après
des
communications téléphoniques avec Lignes et Produit et
Normes et Méthodes, il a
été effectivement admis qu’il fallait déterminer
une action précise pour ce
service, pour éviter des réflexions de la part de
l’encadrement à certains PNC
avec des remarques écrites dans les dossiers professionnels, et
pour garantir à
nos passagers une homogénéité de service.
Nous avons donc
posé dans les jours suivant une question à
l’Ordre du Jour, réunion mensuelle Délégués
du Personnel / Direction, pour que
la réponse fasse foi et loi. La réponse écrite et
donc officielle fut que les
verres seraient remplis à l’office.
Un Nota Bene,
triptyque malheureusement destiné uniquement à
la maîtrise, fut édité en ce sens et ce, en
mars/avril 2003, reprenant le
principe de la méthode nouvellement définie.
Lors de la
distribution du nouveau fascicule, nous avons
remarqué beaucoup d’erreurs mais notamment une concernant ce
service Boissons
J, où la compagnie stipulait que les verres
« pouvaient être
remplis à
l’office », ce qui laissait donc supposer que ceux-ci
devaient être
remplis devant le passager.
Avec des cabines J de
plus en plus chargées, et parce que la
réponse de l’Ordre du Jour était très claire, nous
avons
exigé un correctif,
afin que ce service ne soit pas changé arbitrairement, sous des
prétextes
« d’élégance » conduisant
directement au « plateau elbow »,
et entrainant un service plus long.
Beaucoup de rectifications sont effectuées
pour la version
définitive du fascicule lignes, vos
remarques sur ce document nous sont
précieuses.
Le sumotori de la taxe sur les
transports aériens
Le président Jacques Chirac a plaidé lundi à Tokyo
en faveur de la création avant la fin de l'année d'une
taxe internationale sur les transports aériens pour
lutter contre les pandémies en Afrique.
Les
pandémies africaines, on ne peut être que contre !
Mais n'y a t il pas des secteurs avec des marges plus importantes ou
moins soumis à une concurence effrénée ou encore
affichant des résultats astronomiques, pour que le choix ne soit
pas fait de mettre un peu plus la tête sous l'eau du
transport aérien.
La fréquentation des sumotoris
n'a pas que des vertus et rend vraiment très lourd le
président Chirac avec cette taxe qu'il évoque de
façon récurrente !
<> >
Air France souhaite se
désengager d'Air Austral
Air France a fait part le 28
mars au conseil de surveillance d'Air Austral de son intention de se
désengager de son capital. Le premier transporteur
français détient 30,36 % des actions de la compagnie
réunionnaise, qu'il a contribué à fonder en 1990
aux côtés des collectivités locales
regroupées dans une société d'économie
mixte, la Sematra.
A l'origine transporteur
régional, destiné à desservir les îles de
l'océan Indien où Air France fermait ses escales sur la
route Paris-La Réunion, Air Austral a étendu ses
activités au long-courrier en juin 2003, devenant ainsi
concurrent de son actionnaire. En juin, la compagnie, qui vise un
chiffre d'affaires de 200 millions d'euros en année pleine,
mettra en service un troisième Boeing 777 sur la desserte de la
métropole.
Désaccord
En désaccord avec cette
stratégie, Air France, qui détient 43 % du marché
concerné contre 29 % pour Corsair et le reste pour Air Austral,
a décidé de céder ses parts et entamé la
semaine dernière des négociations avec le fonds
d'investissement Bourbon AXA Investment Fund (Groupe Bourbon et AXA
Private Equity), basé à l'île Maurice. La
publication de cette information dans la presse locale a
provoqué la réaction du personnel d'Air Austral, qui
souhaite désormais entrer dans le capital.
La
compagnie aérienne américaine cherche à
économiser 240 millions de dollars
Delta Air Lines Inc.
a annoncé mardi 29 mars qu'elle voulait réduire ses
coûts de quelque 240 millions de dollars sur cinq ans dans
sa division "opérations techniques" (maintenance). Une
décision qui entraînera entre 1.600 et 2.000 suppressions
de postes, sur un total de 6.000 à 7.000 emplois
éliminés, comme annoncé mi-novembre. Basée
à Atlanta, la troisième compagnie aérienne
américaine entend désormais réaliser ses travaux
de maintenance en partenariat avec Avborne, une entreprise de Floride,
ainsi qu'avec le canadien Air Canada Technical Services, afin de
réduire ses coûts de 34%.
Les compressions
d'effectifs affecteront l'usine de Tampa (Floride), une partie des
activités étant redirigée vers Atlanta. Delta, qui
emploie quelque 57.000 personnes, lutte pour éviter la faillite.
Comme les autres principales compagnies américaines, elle est
touchée par une activité faible, des coûts
élevés, le prix du kérosène en forte hausse
et la concurrence des compagnies «low cost».
Air France supprime
demain les commissions qu'elle leur versait sur les billets
Source Liberation
Comme prévu, la vieille commission versée par Air France
aux agences de voyages françaises disparaîtra demain. Le
réseau des voyagistes, qui avait hurlé à
l'assassinat l'an passé, avait fini par se faire à
l'idée, après un accord entre la compagnie
française et le Syndicat national des agences de voyages (Snav).
Hier, les représentants de la profession ont reconnu que le
processus, déjà mis en oeuvre aux Etats-Unis ou dans
l'essentiel des pays européens, était inéluctable.
La mauvaise blague, c'est que le client, pour qui juré,
craché l'opération devait être indolore,
pourrait en fait en pâtir quelque peu.
Jusqu'à présent, Air France versait des commissions (d'un
montant de 7 % par billet vendu) aux agences de voyages. Le prix du
billet incluait les coûts de distribution. Désormais, Air
France ne versera plus un sou aux agences, lesquelles feront payer des
frais aux clients. Cette révolution a une vertu : elle permettra
à l'acheteur d'avoir enfin une idée précise de ce
qu'il paye, au titre du transport, et au titre de la distribution, et
donc de bénéficier, en toute transparence, des
réseaux de distribution les moins coûteux, comme Internet.
Tout bénef, d'autant qu'Air France comme le Snav avaient
assuré que les prix des billets, en moyenne, n'augmenteraient
pas. Histoire de rassurer les clients, la compagnie qui
économise 250 millions d'euros par an (de commissions non
versées aux agences) avait logiquement promis de baisser
ses prix sur ses billets. Ce qui a été fait... mais dans
une proportion très largement inférieure à
l'économie réalisée. Au total, le prix du billet
baissera à condition que les agences soient peu gourmandes sur
la facturation de leurs services aux clients.
Air France a annoncé, pour son propre réseau de vente,
des coûts de distribution très bon marché (les
frais varient de 5 à 70 euros), mais il est difficile de croire
que les agences pourront se permettre des prix aussi cassés.
Richard Vainopoulos, responsable du réseau Tourcom, assure que
ses agences prélèveront autour de 7 % du prix du billet.
«Impossible de vivre avec moins.»
Le
site Jobdumping met en ligne des offres d'emplois.
Source Liberation
NDLR :
Ce site est exclusivement réservé aux
"e-négriers": http://www.jobdumping.de/
Le chômeur qui propose le moins emporte le contrat.
Jusqu'où un chômeur allemand est-il prêt à
aller pour trouver un travail ? Pour les fondateurs du site Internet
d'enchères inversées Jobdumping.de, la réponse est
rapide : jusqu'à moins de 5 euros de l'heure pour faire le
ménage chez un particulier. Le portail, lancé en
novembre, applique au travail et aux salaires ce qui a fait la fortune
de certains sites, les enchères, mais à l'envers.
Le principe est simple, un employeur propose le poste à pourvoir
en fixant un salaire maximum pour la mission. Les internautes
enchérissent à la baisse. Le chômeur qui propose le
salaire le plus bas remporte le travail. Fabian Löw, 31 ans, l'un
des fondateurs de Jobdumping, se défend d'être un horrible
libéral. «1 300 personnes ont trouvé un travail
grâce à nous, ce n'est pas si mal, dit-il. La presse
allemande nous traite de tous les noms, mais je m'en moque. Personne
n'est lésé, on met en contact des gens, pour un salaire
négocié et accepté par les deux parties.»
Selon lui, Jobdumping est quasiment une oeuvre de salut public.
«J'ai été travailleur social, j'accompagnais les
gens en leur disant : "Il n'y a pas de travail", raconte-t-il.
Aujourd'hui, j'ai décidé de vraiment les aider à
retrouver du travail.» Et selon lui, tout est bon pour lutter
contre le chômage qui culmine à 12 %. Y compris, et
surtout, faire baisser les salaires.
Engluée. «Les salaires allemands sont trop
élevés et, si l'on ne fait rien, nos voisins polonais ou
tchèques finiront par prendre tout le travail», poursuit
Fabian Löw. Le fondateur du site n'hésite pas non plus
à critiquer la société allemande, qui serait un
peu engluée dans son confort : «On vit avant de
travailler, en Allemagne. Un peu comme en France, non ?» Les
syndicats allemands ont réagi très négativement.
Certains mettant en ligne des contre-sites qui répertorient, par
branche, le salaire minimum exigible. Des experts travaillant sur
l'instauration d'un salaire minimum ont aussi dénoncé le
mécanisme des enchères inversées : «En
dessous de 7,50 euros de l'heure, on ne peut pas vivre de son travail
en Allemagne.»
Mais les fondateurs de Jobdumping se défendent de pratiquer un
«capitalisme de vautours» : le site permettrait de
rechercher des salariés qui disposent de qualifications ou de
diplômes professionnels particuliers, en les valorisant. La
qualification est un dogme pour les Allemands.
Pour l'instant, le site n'existe qu'en Allemagne, même si ses
fondateurs songent à l'exporter. C'est que ce système
d'enchères inversées colle parfaitement au contexte
local. Des salaires moyens conventionnels assez élevés,
peu d'emplois de services, ou occupés généralement
par des immigrés, peu de flexibilité, quasi-inexistence
de l'intérim. Les emplois proposés sur Jobdumping se
glissent dans ces interstices : les employeurs cherchent des jardiniers
pour tailler les haies, des peintres pour rénover des chambres,
des monteurs de gaines d'aération ou des aides pour personnes
âgées. Des emplois de services très peu
valorisés dans l'économie allemande et pas toujours
couverts par des accords de branche.
Jobs à 1 euro. Le gouvernement allemand essaie bien de combattre
le chômage, en restreignant son système d'assurance
chômage avec le plan Hartz IV. En introduisant de la
flexibilité. Avec, comme mesure phare, les «jobs à
1 euro» pour les chômeurs indemnisés. «Je vous
assure qu'il vaut mieux chercher un boulot grâce aux
enchères inversées chez nous plutôt que de prendre
un job à 1 euro, tranche Fabian Löw. Les statistiques ont
montré qu'un chômeur pouvait au mieux espérer
toucher 180 euros pour 900 heures de travail avec ce type d'emplois
aidés.»
En attendant d'être consacré sauveur de l'économie
allemande, Jobdumping a décidé de se rebaptiser d'une
manière moins «négative», en effaçant
le mot «dumping» du libellé du site. On
accédera bientôt aux enchères par l'adresse
lohnauktion.de, littéralement : «enchères sur les
salaires».
Sécurité
aérienne en progrès, procédures judiciaires en
panne
Les associations françaises de
victimes de catastrophes aériennes ont
décidé d'unir leurs forces pour faire
part de leur mécontentement sur la lenteur et le manque de
transparence des procédures de justice. Créée l'an
dernier, l'association, baptisée
Fédération internationale des victimes
d'accidents aériens (Fivaa), avait
organisé une table ronde le 25 mars à Paris,
pour faire le point sur le
traitement et la prévention de "
l'insécurité aérienne ".
Selon les statistiques
de l'Organisation de
l'aviation civile internationale (Oaci), la
sécurité ne cesse de progresser : de 1994 à 2003,
le nombre d'accidents a baissé de 52 % et le nombre de personnes
tuées pour 100 millions de
passagers-kilomètres constaté sur vols réguliers a
reculé de 0,04 en 1993 à 0,01 en 2003. Et, en 2004,
le nombre d'accidents mortels a atteint son
niveau le plus bas depuis 1945 : 27
accidents ont été enregistrés ayant
entraîné la mort de 410 passagers.
La colère des représentants des victimes Mais,
pour la Fivaa, 2004 est au
contraire une année noire, avec la catastrophe de
Charm el-Cheikh. Parmi les catastrophes aériennes, le crash
du Boeing 737 de Flash Airlines est celle qui a fait le
plus grand nombre de victimes françaises : 148 morts, dont 133
Français. Et les représentants des victimes des
crashs de Charm el-Cheikh ne se sentent pas mieux écoutés
que ceux du mont Saint-Odile en 1992, du vol 800 de la TWA
en 1996, ou de l'accident de Quiberon en 1998. Ensemble,
ils ont dénoncé le manque de progrès et de
transparence dans le traitement des accidents par les autorités.
Ils ont ainsi vivement critiqué le rôle des
experts, " toujours les mêmes ", accusés
pêle-mêle de manquer d'indépendance, de
compétence et de ne jamais respecter les
délais. De leurs côtés, plusieurs
experts ont souligné l'insuffisance du suivi des
incidents dans les compagnies aériennes,
considérés comme les véritables indices
maîtrisables de la
sécurité, malgré la
législation qui fait obligation aux
pilotes de signaler chaque incident. Il est vrai que
la directive européenne obligeant tous
les Etats membres de l'Union à
systématiser les comptes-rendus d'incidents n'est
applicable que depuis le début 2005. Les
associations ont aussi mis en cause
le manque de compétence des magistrats.
A cet égard, un magistrat
présent et un représentant du
ministère de la Justice ont
émis le souhait que soient
formés des magistrats spécialisés dans
les catastrophes aériennes, comme cela existe
déjà dans d'autres domaines. Car,
au-delà de la catastrophe, ce qui est
insupportable pour les victimes,
c'est la longueur des procédures
judiciaires.
Ainsi,
plus de douze ans
après l'accident du mont Sainte-Odile,
une instruction est toujours en cours et les
associations rappellent que le premier juge d'instruction de cet
accident avait qualifié le dossier de " crash judiciaire ".
NDLR : Toujours en cours aussi, le
procès de la famille d'Eric Piel contre ACNA, qui fera l'objet
d'un renvoi cour d'appel de Paris le 18 avril 2005, soit plus de 6
années après la
chute fatale de notre collègue
d'un A310 le 3 octobre 1998. Les procédures judiciaires
concernant la chute de
Laurence Brenier n'ont pour l'heure pas été mises en
oeuvre par sa famille.
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