Newsletter UNAC n° 344 du jeudi 12 mai 2005
Sommaire :

SOLIDARITE, UN BIEN JOLI MOT… tract «ALLIANCE PNC» de ce jour


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SOLIDARITE, UN BIEN JOLI MOT… tract «ALLIANCE PNC» de ce jour

Nous avons découvert que cinq organisations syndicales, la CFDT, la CFTC, FO PNC, l’UGICT-CGT et l’UNSA PNC ont déposé un préavis de grève pour le lundi 16 mai, afin de protester contre l’application de la loi sur la journée de solidarité. Cette démarche est pour le moins surprenante à plusieurs égards.

Une grève est un acte lourd de conséquence pour les personnels et y faire recours, sans prendre la précaution de tenter une mobilisation la plus large possible, c’est prendre une grave responsabilité. Si l’on déplore le manque de dialogue et le manque de cohésion syndicale (mais après tout, la diversité syndicale n’est que l’expression démocratique des attentes des salariés), il est autrement insupportable de constater que cinq sections syndicales PNC, rattachées à cinq confédérations sol, ne jouent pas la solidarité entre les personnels PN/PS, au titre de la mobilisation, puisque seuls les PNC sont appelés à faire grève le 16 mai.

Et pour cause, pour le personnel sol qui travaille le lundi de pentecôte, faire grève c’est renoncer à une journée de récupération et à une majoration salariale au titre du jour férié. C’est un peu comme si un syndicat PNC appelait à la grève un premier mai entre 00h00 et 23h59 ; autant se tirer une balle dans le pied.

On peut donc légitimement regretter que cette action ne mobilise qu’une catégorie de personnel pour ladéfense des conditions de travail des 60 000 employés d’Air France, pire, que ces syndicats n’ont pas le talent nécessaire pour sensibiliser leurs centrales afin qu’elles portent ce sujet sur un plan national et obtiennent une mobilisation en conséquence. D’ailleurs, souvenez vous : les réactions syndicales, au niveau national, ont été plus que timorées lors de la promulgation de cette loi. On peut souligner à l’occasion, le coup de génie « marketing » du gouvernement Raffarin qui, en nommant cette loi « journée de solidarité », s’est coupé de bien des oppositions, tant il est difficile culturellement pour des syndicats, de contester une démarche empreinte d’une symbolique aussi forte que celle de la « solidarité ».

Loin de nous l’idée de nous opposer à un dépôt de préavis, on ne le répètera jamais assez la grève est un droit essentiel du salarié français et il est de la responsabilité des sections syndicales d’apprécier l’opportunité d’y avoir recours. Cependant la forte identité corporatiste qui marque nos deux organisations syndicales nous laisse à penser qu’il y a une sorte d’injustice à faire porter le fardeau du combat à la seule population PNC, en lui demandant de perdre un trentième de salaire quand d’autres ne perdront rien ou seulement la valeur d’un débrayage de quelques minutes.

De plus, si le fait de faire grève le lundi de Pentecôte peut avoir un sens pour ceux qui se voient supprimer ce jour précédemment férié, cela n’a plus aucun sens pour ceux qui comme les PNC ne subissent aucun changement le lundi dePentecôte (les PN peuvent travailler les jours fériés, ils bénéficient pour cela de 6 jours de congés supplémentaires de façon forfaitaire).

Pourquoi sommes-nous opposés à l’application de la loi du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et handicapées ? 

¨     Ni les pouvoirs publics (nos interlocuteurs dans les ministères avouent s’arracher les cheveux depuis de nombreux mois pour imaginer ce quepourrait être une application PN de cette loi mal pensée…), ni la Compagnie ne nous ont convaincus que nous étions concernés par l’application de cette loi. Elle s’applique aux salariés relevant du Code du Travail. Or en termes de régime d’emploi, durée et temps de travail, les PNC relèvent du Code de l’Aviation Civile. Le seul argument qui nous a été opposé c’est que si cette loi s’appliquait à une partie de la population salariée, elle devrait s’appliquer à l’ensemble, au titre de l’équité et de l’équilibre social de l’entreprise. En rhétorique, l’inverse est aussi vrai.
 

¨     La loi prévoit l’augmentation de 7h00, de la Durée Normale duTravail annuelle (DNT), soit pour un « salarié classique », le passage d’une DNT annuelle de 1600 heures à 1607 heures. La DNT du PNC est fixée à 741h de vol, elle ne peut être modifiée que par voie d’accord puisqu’il n’existe aucune table de conversion (heures de vol/heures de travail sol) légale… 

¨     En cédant une journée de repos annuelle, nous imaginons bien que nous ne serions pas traités de façon uniforme en termes d’exploitation, certains utilisés sur cette journée (elle doit être codifiée : « journée solidarité » sur le bulletin de paie) se verraient attribuer un vol« long range », quand d’autres le même jour, seraient en dispersion, ou engagés sur des temps de vol inférieurs. 

¨     Aucune disposition dans l’accord ne traite des PNC en temps alterné, alors que la loi prévoit une proratisation des heures de travail à effectuer en fonction du rythme d’activité du salarié.

Devant l’ampleur de la tâche, en termes d’application, certaines entreprises, et pas des moindres, ont pris l’initiative de ne pas récupérer cette journée de solidarité. Nous demandons le même traitement. L’échange impôt sur la masse salariale contre un hypothétique gain de productivité supplémentaire n’a visiblement pas convaincu les directions de TF1 et consort. De la même manière, pas besoin d’être grand Vizir ou économiste émérite pour s’apercevoir qu’en supprimant une journée de repos,la Compagnie ne va pas augmenter sa production et créer des vols supplémentaires pour les seuls mois de juin et de février. De la même manière TF1 ne va pas élargir sa diffusion de programme au-delà de sa grille de 24 heures, le 16 mai prochain.  

La récupération de cette journée ne peut avoir qu’un effet économique limité et aléatoire. Pour la production PNC, il se traduirait vraisemblablement  par  l’obtention d’une certaine souplesse pour l’élaboration des TDS, tout en dégageant un matelas de journées de dispersion supplémentaires, une sorte de ceinture par-dessus les bretelles, quand les réserves sont couvertes. D’ailleurs comme nous vous le disions plus haut, le projet de la Compagnie tel qu’il nous a été présenté n’envisage aucun déplafonnement des seuils et des limitations d’heures de vol.  

Nous avons alerté et interpellé la Direction et les pouvoirs publics à maintes reprises de notre désaccord sur l’application de cette loi aux personnels navigants commerciaux, il nous a été à chaque fois répondu qu’il était urgent d’attendre. Urgent d’attendre qu’au détour d’un proche remaniement ministériel, cette loi soit enfin abrogée. Ce n’est un « scoop » pour personne et surtout pas pour la Compagnie qui du haut de ses cinquante années d’entreprise publique garde toujours des liens privilégiés avec les « milieux autorisés ».

D’après nos sources, qui sont loin d’être secrètes ou mystérieuses, (rapprochez-vous de nos collègues de l’élaboration), les services de la production ont bien provisionné tous les jours OFF sur le mois de juin. Dans ces conditions il nous paraît superflu et prématuré d’appeler les PNC à la grève pour obtenir ce que tout le monde pense avoir déjà obtenu.

Dans 13 jours, à la sortie des TDS, il sera bien temps d’aviser et de vérifier si cette journée solidarité correspond à une journée de travail supplémentaire ou à une journée de dispersion.


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