Newsletter UNAC
n° 303 du vendredi 18 février 2005
Sommaire
:
QFP : Changement de
classe
Roissy Terminal 2E : le bâtiment
était trop fragile, conclut l'enquête de la commission
Berthier
Air France a pu limiter l'impact
Guerre ouverte entre RAM et Air
France dans le ciel africain
Prison avec sursis requise en appel
contre
Jean-Charles Corbet pour entrave au CE
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QFP : Changement de classe
Je viens de passer 3ème classe
au 1er janvier comme prévu, mais
la date officielle devait être en avril 2004. Pourquoi ?
Les avancements sont prononcés chaque année, au 1er
janvier, en fonction de l'ancienneté dans la classe
appréciée.
Ne doit-on pas me rendre les 8 mois de
différence de salaire au
prorata ?
Oui, les PNC de 4ème classe, avancés en 3ème
classe
après un temps de service décompté au 1er janvier
dans la 4ème classe, d'au moins 3 ans,
bénéficieront rétroactivement d'une
rémunération en 3ème classe
depuis la date où ils comptaient effectivement 3 années
de temps de service en 4 ème classe .
Ou puis-je trouver la réponse
? : ACG
Chapitre A - Carrière PNC - page 14.
Roissy Terminal 2E : le
bâtiment était trop fragile, conclut l'enquête de la
commission Berthier
L'enquête administrative sur
l'accident du terminal 2E de l'aéroport parisien de
Roissy-Charles-de-Gaulle a conclu mardi que la section du
bâtiment qui s'est effondrée le 23 mai 2004,
faisant
quatre morts et trois blessés, était
dès l'origine
trop fragile.
"La coque était au bord de
la mort", expliquait mardi Jean Berthier, le président de la
commission d'enquête désignée par le ministre des
Transports, Gilles de Robien.
M. Berthier, président du
conseil national des ingénieurs et scientifiques de France a
détaillé, lors d'une conférence de presse, les
causes ayant conduit à "la
ruine d'une structure dont les
réserves initiales de sécurité étaient
faibles".
"Des
fissurations existaient
dès le début. Avec le jeu, la coque s'est
progressivement
fragilisée. Elle tenait au début mais cette
réserve de résistance a été rongée
progressivement", explique notamment M. Berthier.
Aéroports de Paris (ADP),
à la fois maître d'oeuvre et maître d'ouvrage,
indique qu'il confrontera les conclusions du rapport aux
"résultats de ses propres investigations".
"Ces investigations sont à
la disposition de la procédure judiciaire. Seules les
conclusions de l'enquête judiciaire permettront de
déterminer les responsabilités", ajoute le gestionnaire
des aéroports parisiens.
Plusieurs points de faiblesses ont
été mis au jour par la commission qui a confirmé,
au moins pour partie, des informations révélées le
7 février par le Parisien.
D'abord, "un ferraillage
insuffisant ou mal positionné", qui avait
été mis
en cause dès lundi dernier par l'architecte du 2E, Paul Andreu.
"Depuis le premier jour, les
observations visuelles ont montré que le sinistre a pour cause
une insuffisance de l'armature en acier du béton" qui "constitue
une tâche d'exécution à la charge des entreprises
de BTP", avait-il indiqué dans un communiqué.
Plusieurs entreprises filiales de
Vinci sont intervenues sur ce chantier.
La qualité du béton
est hors de cause, selon la commission Berthier. Toutefois son
épaisseur "de 19 centimètres" est jugée
"préoccupante" par les experts.
Autre faiblesse, "un manque de
redondance mécanique, c'est-à-dire de possibilité
de transferts d'efforts vers d'autres zones en cas de
défaillance locale".
La commission souligne la "faible
résistance de la poutre sablière", qualifiée d'un
"peu suspecte", notamment ses "fissurations", de même que "le
positionnement des butons (étais métalliques
cylindriques, NDLR) à l'intérieur du béton". Ce dernier point avait
été mis en avant dès les conclusions
intermédiaires de la commission en juillet.
La ruine de la structure, dont la
"réserve de résistance" s'est "réduite puis
annulée" avec le temps a pu être déclenchée
par deux événements, selon l'enquête : soit "la
très basse température du 23 mai au matin", jour de
l'accident (4,1°C, la température la plus froide du mois),
soit "le relâchement de l'étrier d'une pile"
retenant
l'ensemble de la structure à sa base.
Les membres de la commission, dont
les travaux doivent être transmis à la justice dans le
cadre de l'enquête judiciaire menée parallèlement,
formulent par ailleurs trois recommandations qui ajoutent, en creux,
des éléments d'explication à cette catastrophe.
Elles concernent la qualité
et la fiabilité des calculs et des études
préparatoires, la confusion des rôles de maître
d'oeuvre et de maître d'ouvrage pratiquée par
Aéroports de Paris (ADP) et enfin le contrôle technique.
Quant à l'avenir du
bâtiment, M. Berthier est optimiste : "Toute structure est
sauvable", estime-t-il tout en renvoyant à ADP la
responsabilité de choisir entre reconstruction totale ou
partielle de la jetée.
Pierre Graff, président
d'ADP, a déclaré jeudi qu'il prendrait cette
décision en avril.
NDLR : Ma
maison n'a que des fissures et non des "fissurations", ça doit
être bon signe et ses réserves initiales de
sécurité ne sont pas faibles. Elle résiste
même à des moins 20°C, il faut que je le signale au
Guiness. Autrement dit, elle n'a pas fait l'objet
d'envolées artistiques et ressemble à une maison et non
à un long boudin percé de trou.
"Toute structure est sauvable", une chose est claire, c'est aussi avec
nos impôts que se réalisera ce sauvetage.
Air France a pu limiter l'impact
Très inquiet, au lendemain
du drame, des conséquences potentielles de l'accident sur son
exploitation, alors que 8 millions de passagers passaient par le
terminal 2E, Air France, qui a perdu - un temps - un minimum de 4
millions d'euros par mois, est aujourd'hui en partie rassuré.
La
compagnie, qui s'est retrouvée à Roissy avec moins de la
moitié de ses appareils« au contact », a vécu
un été 2004 très difficile et Jean-Cyril Spinetta,
président du groupe, ne tarit pas d'éloges sur le
comportement exemplaire du personnel qui a accepté de travailler
dans de telles conditions. Aujourd'hui, disposant de deux terminaux
provisoires supplémentaires, mais avec une qualité
moindre, Air France estime ne plus être étranglé et
pense pouvoir faire la liaison avec un retour à la normale
espéré en 2007. Le projet de croissance n'est plus
menacé, assurent les responsables.
NDLR : C'est
à la limite de dire que cet accident nous a même
arrangé. Surtout n'effrayons pas l'actionnaire ! Effectivement,
il n'y a pas à tarir d'éloges quant au personnel qui
"fait avec" !
Guerre ouverte entre RAM et Air
France dans le ciel africain
Les hostilités ne sont pas
encore ouvertes, officiellement du moins, mais les relations entre la
compagnie nationale aérienne Royal Air Maroc et son homologue
française Air France sont en train de virer au vinaigre. La
raison, toute simple, tient à l’extrême agressivité
de RAM dans le ciel africain, et qui se manifeste de plusieurs
façons. La première, bien sûr, c’est le formidable essor
opéré depuis plus de trois années par Air
Sénégal International, filiale à 51 % de RAM et fruit d’une joint-venture avec
l’Etat sénégalais.
Une croissance à deux
chiffres, des liaisons multipliées vers le Maroc et l’Europe,
une situation financière saine, l’acquisition récente de
deux Boeing 737 et de grandes ambitions, voilà le
résultat du travail remarquable accompli en l’espace de quelques
années par les équipes de RAM
dépêchées à Dakar sous la direction de M. El
Oufir, promu depuis à la tête d’Atlas Blue, la "low cost"
basée à Marrakech et aussi ambitieuse que sa consoeur
sénégalaise. Mais le développement de la compagnie
maroco-sénégalaise n’est pas le seul motif d’un
mécontentement réel à Paris où des sources
proches de la compagnie française soulignent le "remarquable
positionnement de RAM en l’espace de quelques années" dans le
ciel africain.
Car, effectivement, c’est une
percée réussie que celle de la compagnie nationale dans
les liaisons vers l’Afrique occidentale notamment, depuis que M.
Mohammed Berrada préside aux destinées de Royal Air
Maroc, percée
qui s’est traduite par l’augmentation des rotations sur plusieurs
capitales d’Afrique de l’Ouest, et, surtout, une croissance de 35 % du
marché africain en 2004. De quoi, effectivement, donner la
migraine à certains responsables de la compagnie aérienne
française qui, portés par une mentalité
anachronique, considèrent sans doute que le ciel d’Afrique leur
appartient, comme aux temps de la "coloniale". Voilà pourquoi,
c’est avec une réelle inquiétude que l’on a pris
connaissance à Air France d’un projet commun pratiquement
arrivé à concrétisation entre le transporteur
aérien national et la Communauté Economique et
Monétaire de l’Afrique Centrale, la CEMAC, celui de
l’érection d’une compagnie aérienne commune aux Etats de
cette région avec l’assistance technique, humaine et logistique
de Royal Air Maroc. Une inquiétude que ne cachent guère
certains milieux français parce que le dynamisme de RAM menace
directement le quasi monopole d’Air France dans les liaisons vers
l’Afrique subsaharienne, tandis que Casablanca se positionne de plus en
plus comme le hub idéal entre les pays d’Afrique, l’Europe,
l’Amérique du Nord, l’Amérique latine, mais aussi les
régions proche et moyen-orientale et l’Asie.
C’est également pour cela
sans doute que la représentation locale d’Air France, longtemps
assoupie dans les délices casablancais, semble vouloir se
réveiller et abandonne sa "petite" pratique d’une communication
permanente dans les espaces du CAFC à Casablanca,
destinée seulement à toucher les " expat ", au profit
d’une campagne plus large par voie de presse, espérant ainsi
récupérer quelques centièmes de parts de
marché au détriment d’Atlas Blue et de Royal Air Maroc
qui cassent les prix depuis plusieurs mois sur le marché
européen. Une démarche qui aura quelque mal à
porter ses fruits tant certaines attitudes peu hospitalières
seront difficiles à faire oublier à de nombreux voyageurs
échaudés par la froideur de l’accueil qui leur est
parfois réservé à bord ou dans certains terminaux
de Roissy…
Le temps de la rupture n’est pas
pour autant venu, mais à Paris, en privé certes, on
commence à s’interroger sur le devenir du "partenariat" entre
Royal Air Maroc et Air France, qui, du stade de l’amitié, en
sont venus désormais à celui de la concurrence ouverte et
rude.
Les interlocuteurs de La Nouvelle
Tribune, bien que se refusant à toute rupture éventuelle,
connaissant les liens de capital (certes faibles) entre les deux
compagnies et, surtout, l’ancienneté d’une relation
duopolistique entre la France et le Maroc (cassée par les vertus
de l’open sky !), précisent tout de même qu’il est
"aujourd’hui nécessaire de mettre les choses à plat".
Voilà pourquoi ils
annoncent, pour les semaines à venir, une rencontre à
Casablanca entre les staffs dirigeants des deux compagnies, rencontre
qui devrait décider de l’avenir de ce partenariat qui
paraît quelque peu compromis actuellement.
Connaissant la proverbiale
ténacité d’un Mohammed Berrada, qui a réussi le
tour de force de repositionner positivement sa compagnie dans le ciel
africain, ses ambitions de manager patriote et ses projets de
développement du Groupe RAM, désormais organisé en
six pôles, on se risquera à prédire que la
réunion de Casablanca sera chaude et animée et pourrait,
peut-être, signifier l’abandon du projet caressé par Royal
Air Maroc (et annoncé officiellement) d’intégrer
prochainement l’alliance aérienne internationale Sky Team au
sein de laquelle Air France joue les premiers couteaux.
Prison avec sursis
requise en appel contre
Jean-Charles
Corbet pour entrave au CE
L'avocat général a requis lundi une peine
d'emprisonnement avec sursis ainsi qu'une amende à l'encontre de
l'ancien PDG d'Air Lib, Jean-Charles Corbet, condamné en
première instance pour entrave au fonctionnement du
comité d'entreprise de la compagnie. La cour d'appel rendra sa
décision le 21 mars.
Le tribunal correctionnel avait considéré que l'ex-PDG
d'Air Lib s'était rendu coupable de délit d'entrave, notamment en ne permettant pas à un
expert-comptable désigné par le comité
d'entreprise d'effectuer sa mission.
Le 19 février 2004, il avait condamné M. Corbet à
une amende de 3.000 euro et à verser un euro de
dommages-intérêts à toutes les parties civiles.
La CGT Air Lib, le Syndicat National du Personnel Navigant de
l'Aéronautique Civile, le syndicat Alter Air Lib et le Syndicat
national des compagnies aériennes CFTC avaient fait appel de ce
jugement.
Selon les plaignants, les règles d'information et de
consultation du comité d'entreprise n'avaient pas non plus
été respectées dans le cadre du projet d'ouverture
de lignes vers l'Algérie.
Le procès en appel, qui devait être initialement
consacré aux seuls intérêts civils, selon le
programme de la cour, concernait également l'action publique.
Le représentant du parquet général a
déploré que M. Corbet
et l'un de ses directeurs généraux, Bruno Calderini,
aient joué "à cache-cache" avec les règles
imposées par le code du travail, un fait "d'autant plus grave
que l'entreprise était en grande difficulté".
L'avocat général, Antoine Bartoli, a donc demandé
la confirmation de la culpabilité de M. Corbet et l'infirmation
de la relaxe que le tribunal avait prononcée à l'encontre
de M. Calderini.
NDLR : Les
soucis de Corbet, ex-PDG, sont une chose et la justice n'a pas
terminé sont travail. A suivre donc... L'image de
l'ex-syndicaliste tournant casaque et soupçonné de
détournement de fonds en est une autre. L'impact
déplorable sur l'image des syndicalistes mériterait
à lui seul la sanction la plus lourde !
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Etrangères.
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