Newsletter UNAC
n° 337 du jeudi 21 avril 2005
Sommaire :
JOURNEE SOLIDARITE : NON ! «ALLIANCE
PNC» SNPNC UNAC
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JOURNEE SOLIDARITE : NON ! «ALLIANCE
PNC» SNPNC UNAC
La loi du 30 juin 2004 relative à la
solidarité pour l’autonomie des personnes âgées et
handicapées prévoit pour les entreprises une contribution de solidarité
correspondant à 0,3% sur les salaires versés
depuis le 1er juillet 2004, qu’elles sont en droit de compenser en imposant à leurs salariés une
journée de travail supplémentaire.
La première remarque que
nous pouvons faire, c’est que le gouvernement développe une
« politique sociale » très particulière :
suite à la canicule de 2003, et avant celle annoncée de
2004, il a fallu combler au plus vite, les carences d’une politique
libérale mise en oeuvre dans les domaines de la santé et
de la couverture sociale.
A l’heure des grands discours sur la prétendue nécessaire
remise en cause des limitations du temps de travail (aménagement
de la loi sur les 35 heures), il est
difficile de faire croire aux salariés français, qu’ils
participent à un acte de solidarité et seulement à
ça… Ce qui nous est demandé revient à
accepter d’être à la fois les acteurs et les spectateurs
d’un nouveau courant de réforme de la législation
sociale, dictée par des syndicats patronaux organisés et
proches du pouvoir politique. Car nous savons tous que toute nouvelle charge imposée aux
employeurs est imputée de facto au salarié, soit par un
effort de productivité supplémentaire, soit par la
limitation de ses augmentations salariales, quand il ne s’agit pas d’un
cumul des deux. Ce surplus de cotisation solidaire n’est en fait
qu’un impôt direct pour le salarié. Pire, il paie deux
fois : dans un premier temps, on lui demande de travailler
gracieusement une journée de repos annuelle
supplémentaire puis, dans un deuxième, on lui demandera
de coûter moins cher.
Aujourd’hui, le seul prétexte du coût de la main d’oeuvre
permet aux employeurs de délocaliser ses centres de productions
à l’étranger et de licencier des milliers de
salariés. Il paraît dès lors pour le moins
surprenant, qu’un gouvernement qui prône l’abandon de l’Etat
providence, fasse ce choix de taxation
du travail, récupérant de la main gauche ce qu’il a
consenti sous forme de baisse d’impôt sur le revenu de la main
droite .
Autre remarque qui, à
nos yeux, est loin d’être anodine, cette loi, non seulement
supplante les dispositifs conventionnels, traditionnellement plus
favorables aux salariés en termes de législation du
travail, mais elle
laisse surtout aux entreprises une très grande liberté
d’application, ses modalités étant loin d’être
décrites de façon explicite. En gros, cela s’applique
à tous et, plus il sera
compliqué de mettre en oeuvre la journée de
solidarité, plus les patrons pourront décider
unilatéralement d’inventer des systèmes pour
applique cette loi. Les plus pessimistes, dont nous faisons partie,
voient dans ce changement les prémices d’un nouveau type de
relation sociale entre le patronat et les partenaires sociaux, celui
qui se résume à l’absence de dialogue. La preuve en est,
qu’il aura fallu attendre la fin mars
pour que l’entreprise daigne ouvrir des discussions sur le sujet.
Cette soi-disant négociation réunissait l’ensemble des
partenaires sociaux, PS, PNC, PNT, et nous n’avons pas
échappé au traditionnel discours de comparaison entre
telle et telle population, les uns estimant l’herbe plus verte dans le
pré de leurs collègues, les autres déclarant
engager une bataille contre un traitement inéquitable entre les
métiers. Ainsi, chacun d’entre nous a pu assister, dans un
récent bulletin syndical à une brillante
démonstration mathématique, sur les si nombreux avantages
dont bénéficient nos collègues du sol, en
mélangeant des journées de congés avec des repos
hebdomadaires pour au final faire la démonstration que le PS est
mieux loti que le PNC.
De la même manière, nos collègues PS pourraient en
optimisant le découpage des vacances d’un PNC LC, soit 48 jours
pour une formule F3 à 100%, faire le calcul suivant :
- 20 jours de vacances en été, découpés en
7 et 13 jours, auquel on ajoute des N60, pour la première
tranche et des N40 pour la deuxième, soit un total de 30 jours ;
- 28 jours de vacances d’hiver, découpés en 4 tranches de
7 jours et des N60 pour chacune de ces tranches, soit un total de 52
jours.
Total final 30 + 52 = 82, belle différence que ne manquerait pas
de nous réclamer la Direction au titre de l’équité
entre les salariés.
À notre sens, ces discours sont
dangereux et font la part belle au patron. Il ne s’agit pas de
savoir si telle population a plus de jours fériés que
telle autre. Chacun peut comprendre qu’aucune difficulté ne se
pose pour un emploi administratif classique pour appliquer la loi. Il
suffit (!) de travailler le lundi de Pentecôte. En revanche,
dès lors qu’il s’agit d’emplois en horaires
décalés, le problème se complique. Le lundi de
Pentecôte n’est pas forcément un jour jusqu’à
présent chômé, il faut donc en déterminer un
autre. Quant au régime
d’emploi des PNC, la tâche est autrement plus complexe.
Tout d’abord la question que nous pouvons nous poser est :
sommes-nous concernés par l’application de cette loi ?
Même si le champ d’application de la loi est
particulièrement large, elle s’applique aux salariés
relevant du Code du Travail. Or, en termes de régime d’emploi,
durée et temps de travail, les PNC relèvent du Code de
l’Aviation Civile. Souvenez vous qu’à l’époque des
discussions sur la RTT, la Direction nous opposait que nous
n’étions pas concernés par la loi sur les 35 heures ! Mais quand il s’agit de nous faire
travailler gratuitement une journée supplémentaire,
là le débat ne se pose pas…
Ensuite, la loi prévoit l’augmentation de 7h00, de la
Durée Normale du Travail annuel (DNT), soit pour un «
salarié classique », le passage d’une DNT annuelle de 1600
heures à 1607 heures. La DNT du PNC est fixée à
741h de vol, elle ne peut être modifiée que par voie
d’accord puisqu’il n’existe aucune
table de conversion (heures de vol/heures de travail sol) légale…
Enfin, même en cédant une journée de repos annuelle
, nous imaginons bien que nous ne
serions pas traités de façon uniforme en termes
d’exploitation, certains utilisés sur cette journée (elle
doit être codifiée : « journée
solidarité » sur le bulletin de paie) se verraient
attribués un vol « long range » quand d’autres, le
même jour, seraient en dispersion, ou engagés sur des
temps de vol inférieurs.
A toutes ces questions, la Direction ne nous rétorque qu’une
seule chose : « It’s the law,
Folks ! ». Nous, nous n’en sommes pas convaincus. Aux
dernières nouvelles, cette journée serait
positionnée à la place d’une journée OFF du mois
de février, en raison du fait que ce mois de l’année est
celui qui chroniquement souffre de sous-effectif et que sur ce mois
nous sommes rémunérés 30 jours civils pour
seulement 28 ou 29 jours civils.
Reste à savoir comment la Direction entend traiter les PNC en
temps alterné, comment déterminer l’impact d’une telle
mesure sur l’attribution des congés et des DDA, et encore
comment elle entend s’acquitter de cette journée avant le 30
juin 2005, date limite de mise en oeuvre pour la période,
2004-2005.
D’emblée,
puisque la désinformation, la polémique et la suspicion
sont de bon ton dans la littérature syndicale, sachez que nous
sommes contre ces directives législatives, comme nous pensons
que le sont tous les autres syndicats salariés de l’entreprise.
A notre connaissance, les
seuls syndicats qui ont déjà lâchés «
la journée solidarité », sont ceux qui l’ont
suggéré, ceux qui sont affiliés au MEDEF, nos
employeurs ! Certaines entreprises ont d’ores et déjà
renoncé à faire travailler cette journée «
solidarité », nous demandons que les salariés d’Air
France soient traités à l’identique.
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