Newsletter UNAC n° 307 bis du mardi 22 février 2005
Sommaire :

RESPECT ET DIGNITE tract "Alliance" SNPNC-UNAC de ce jour



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RESPECT ET DIGNITE tract "Alliance" SNPNC-UNAC de ce jour


Le 1er février, nous perdions une collègue après une chute accidentelle d’un escabeau. Suite à ce tragique événement, un conflit a été déclenché vendredi par le personnel de piste, consécutivement à la mise à pied conservatoire avec solde du chauffeur de l’escabeau mobile. Depuis, nous sommes témoins d’un battage médiatique inconsidéré, alimenté par les déclarations plus ou moins heureuses de représentants de la Direction et d’Organisations Professionnelles, mélangeant tous les sujets pourvu que ça fasse parler, en oubliant que derrière ce déchaînement, une famille reste en deuil.

Il n’est pas « politiquement correct » pour une Organisation Professionnelle de critiquer le mouvement social d’une autre corporation, ni de minimiser les difficultés que rencontrent nos collègues en piste pour effectuer correctement leurs tâches. Ces discours sont ceux des Directions et la population PNC en a, par le passé lourdement payé le tribut. Souvenez vous d’une période pas si lointaine où le droit de grève du PNC était ouvertement contesté par la Direction, y compris dans des spots publicitaires télévisuels.
Cependant on ne peut pas tolérer que la disparition de notre collègue soit reléguée à un événement mineur. Les débats lancés par les uns et les autres sur les conditions de travail pénibles d’un personnel comparé à celle d’un autre, les écarts de rémunération, la préservation de l’emploi, s’ils restent de vrais sujets syndicaux ne peuvent en aucun cas servir de justifications à l’oubli précipité, de la disparition de notre collègue.

Nous sommes profondément choqués de l’exploitation de cette affaire sur fond de campagne électorale.

Plusieurs enquêtes sont en cours et nous ne préjugeons pas de la culpabilité de notre collègue de la piste, de la même manière nous ne préjugeons pas de son innocence. Ces enquêtes doivent être menées dans la plus grande transparence et doit mettre en lumière les responsabilités de chacun, sans exonérer ni les acteurs de ce drame, ni  l’entreprise, dont on peut penser que les politiques ambitieuses en terme de ponctualité ou d’économie d’effectif, ont une incidence directe sur l’accomplissement des tâches des personnels.

Nous avons été  fréquemment interrogés ses 5 derniers jours pour savoir si nous  étions solidaires du mouvement de grève en cours, notre réponse est très claire, nous sommes solidaires de la famille de Laurence, solidaires de son compagnon, solidaires de ces deux jeunes enfants, et c’est dans la dignité et le respect que nous attendons de comprendre comment et pourquoi un tel accident a pu se produire.

Nous avons proposé au compagnon de Laurence de publier le courrier que Maître VIRY, son avocat a adressé à deux organisations syndicales, dont nous avons masqué les noms, pour ne pas prendre le risque d’ajouter au grand déballage électoral une quelconque récupération polémique. Vous trouverez ce document ci-dessous.

   
ÉPINAL, le 22 février 2005



Madame, Monsieur,


Je suis le Conseil de Monsieur L., époux de Madame Laurence BRENIER-CLAUDE, décédée tragiquement le 1er février 2005, et des parents de cette dernière.

Depuis cette triste date, la famille s'est donnée le temps du recueillement face à ce drame cruel qui l'a profondément meurtrie, et n'a eu pour seule préoccupation que de préserver l'équilibre des enfants de Laurence, âgés de 6 et 3 ans.

La famille a suspendu toute action procédurale aux résultats des différentes enquêtes diligentées pour faire la lumière sur les circonstances de cet accident, et pour déterminer les responsabilités de chacun.

Aujourd'hui, le deuil de cette famille est entaché par les manœuvres et propos de certains qui ont vite oublié celle qui fut leur collègue, pour mener leur lutte d'influence, à quelques jours de l'élection des délégués au Comité d'établissement d'Air France…

Cette famille est choquée que la mort de Laurence soit le prétexte à un combat syndical.

Cette famille est révoltée par l'utilisation faite de ce drame alors que les conclusions de ces enquêtes ne sont pas rendues et qu'aucune décision définitive n'a été prise à l'encontre de quiconque.
Il est incompréhensible et insupportable pour l'époux et les parents de Laurence de constater que pas un mot, pas une attention, pas une pensée ne soient réservées pour cette jeune maman de 35 ans qui a perdu la vie et qui laisse une famille, unie et heureuse jusqu'à cet accident, dans une douleur indélébile.

Seul prédomine ce jour un sentiment où l'indignation rejoint la colère pour les proches de Laurence, laissés seuls dans leur souffrance, spectateurs effarés de querelles menées sur sa dépouille.

Le moment venu, et sur la foi de leur conscience, ils feront judiciairement prévaloir leurs droits, en mémoire de Laurence.

Pour l'heure, c'est le désarroi et le chagrin qui les animent.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.


                                Stéphane VIRY





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