Newsletter UNAC n° 43 du jeudi 15 mai 2003
Sommaire :
- L'ancien patron d'Air Lib affirme avoir protégé Air France
- Conseils aux voyageurs du Ministère des Affaires Etrangères
- Les fiches métiers PNC
L'ancien patron d'Air Lib affirme avoir protégé Air France
Mis sur le gril par la commission d'enquête parlementaire créée pour analyser la débâcle d'Air Lib, son ancien patron Jean-Charles Corbet a provoqué l'étonnement mercredi, en justifiant son action par la volonté de protéger les intérêts d'Air France, son rival naturel.
Pour donner
suite à l'enquête ouverte sur l'affaire Air Lib, pour analyser la débâcle de la
Compagnie, son ancien PDG Jean-Charles Corbet a provoqué l'étonnement, en
justifiant son action par la volonté de protéger les intérêts de la Compagnie
Nationale Air France, son rival naturel.
Monsieur Corbet a ainsi affirmé
avoir agi plus en tant que salarié d'Air France que Patron des anciennes
compagnies AOM-Air Liberté ...
"Il s'agissait, avec cette reprise, de faire en sorte qu'Air France n'ait pas un concurrent, mais qu'Air France ait, à côté d'elle, une entreprise qui lui permette de continuer à se valoriser et à se développer sans avoir une épine dans le pied", a-t-il déclaré lors de sa première audition devant la Commission d'enquête parlementaire, et la première ouverte à la presse.
"C'est pour cela que j'ai pu dire service commandé", a-t-il ajouté en référence à des propos tenus lors d'une émission télévisée.
Le rôle exact des relations entretenues par M. Corbet, alors président du Syndicat majoritaire des pilotes de ligne d'Air France (S.N.P.L) et la direction du groupe dans la reprise d'AOM-Air Liberté, a figuré au centre des questions posées par les membres de la Commission d'enquête présidée par le député Patrick Ollier ( Charles de Courson (UDF, Marne), à l'issue de l'audience.
"On voit bien qu'il a eu beaucoup de mal à finir par dire qu'il était là pour protéger les intérêts d'Air France", a-t-il ajouté.
Or, "ce qu'il nous a déclaré n'est pas cohérent avec ce que nous a déclaré le président d'Air France, sur le problème de savoir s'il était en service commandé", a poursuivi M. de Courson. "Il dit que oui. Or, on n'a pas la même réponse du côté d'Air France", a-t-il ajouté.
"Le deuxième problème intéressant, ce sont ses réponses sur les rémunérations et ses rémunérations, en particulier personnelles", a poursuivi M. de Courson.
"C'est quand même assez étonnant d'être l'actionnaire unique d'un groupe et de se rémunérer en expliquant que s'il avait été licencié par Air France, il aurait touché la somme d'un peu plus de 900.000 euros nets d'impôts et de cotisations sociales, et donc qu'il était logique qu'il se l'attribue à lui même", a-t-il estimé.
Au cours de l'audition, M. Corbet, qui a prêté serment, a reconnu avoir reçu de la société Holco, fin septembre 2001, un "bonus d'accueil" de 5,6 millions de F (environ 855.904 euros) en plus de son salaire mensuel de 25.650 euros, soit 307.800 euros annuel, ce qui fait un revenu pour l'année 2001 de 1.163.704 euros pour le compte de JC Corbet dans une entreprise ou les économies étaient soit disant essentielles
Il a justifié ses émoluements en expliquant qu'en prenant la direction d'Air Lib, il abandonnait sa place à Air France, les indemnités et autres avantages qu'il aurait pu obtenir en cas de licenciement. Une explication qui n'a pas convaincu les parlementaires.
A sa sortie, M.
Corbet s'est déclaré "extrêmement surpris". "Je croyais venir en audition dans
une commission parlementaire et je me suis trouvé face à un tribunal populaire
avec des juges et un procureur".
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