Newsletter UNAC n° 60 du jeudi 19 juin 2003
Sommaire :
- Négociations
salariales
- Air Lib : le texte intégral de la conclusion du rapport parlementaire
- Sur Web
Négociations
salariales
NOS
REVENDICATIONS
Lors de la négociation globale, avec les syndicats
représentant le personnel au sol, nous avons demandé :
• une revalorisation
salariale supérieure à l’inflation prévue (1,5 %) pour la fin de l’année.
•
une augmentation de la PUA de 750 Euros, permettant de la porter à 1500 Euros.
Lors de la
négociation spécifique PNC prévue dans l’accord collectif, nous avons demandé
:
• l’intégration partielle de la PUA dans le TMB pour bénéficier de l’effet
multiplicateur de la prime complémentaire de 7,69 % et de la majoration LC de
6,35 %.
• la revalorisation des IKV,
• la renégociation des primes
d’intéressement aux ventes à bord,
• la contractualisation du mode de calcul
et d’attribution des indemnités repas. Aujourd’hui ces indemnités sont définies
unilatéralement par la Direction suivant des règles pour le moins opaques
•
un autre mécanisme d’indemnisation pour les frais d’habillement, consistant à
intégrer cette prime au TMB afin de bénéficier de l’effet multiplicateur de la
prime complémentaire de 7,69 % et de la majoration long-courrier de 6,35
%.
LES
PROPOSITIONS DE LA DIRECTION :
En cette période de mauvais résultats
économiques la Direction propose des augmentations minimalistes :
• Augmentation
de la PUA de 200 Euros,
• Augmentation des barèmes de 0,6 %
• Pas de
réévaluation des IKV
LE RESULTAT DE
LA NEGOCIATION :
Les propositions finales de la Direction après
négociation sont les suivantes :
• augmentation
générale non hiérarchisée : la PUA est portée de 750 € à 1000 € soit une
augmentation de 250 €,
• augmentation générale hiérarchisée : majoration des
barèmes de 0,7 % rétroactivement au 1er avril 2003,
• augmentation générale
hiérarchisée au titre de 2002 : majoration de 0,1 % rétroactivement au 1er
janvier 2003,
• distribution d’une prime exceptionnelle pour le PS et le PNC
de 150 € sur la paye de septembre sans proratisation au titre du temps
alterné,
• revalorisation des IKV de 2,5 %,
• revalorisation des primes
liées à l’emploi du personnel sol de 1,5 % à compter du 1er juillet 2003,
•
revalorisation de l’allocation de garde d’enfants de 1,5 % au 1er juillet
2003,
• ouverture de négociations sur les primes d’intéressement aux ventes à
bord pour les PNC,
• ouverture de négociations sur les modalités
d’attribution des indemnités repas pour les PNC.
• clause de rendez-vous en
fin d’année pour vérifier que les augmentations proposées sont bien à la hauteur
de l’inflation annuelle constatée en décembre.
Nous développerons
rapidement ces informations et notre analyse au travers d'un tract spécifique "
Négociations salariales 2003 ".
Air Lib : le texte intégral de la conclusion du rapport parlementaire
«Compte tenu
des handicaps accumulés par AOM-Air Liberté, le succès d'un repreneur après le
dépôt de bilan de la société supposait une équipe compétente dans le domaine
très particulier de la gestion d'une compagnie aérienne, disposant de capitaux
importants et capable d'imposer des réformes sociales et de structures
considérables.
«Or, force est de constater que l'équipe rassemblée par
Jean-Charles Corbet ne disposait d'aucun de ces atouts. La capacité managériale
apparaissait dès le départ plutôt limitée, la caution apportée par d'anciens
cadres d'Air France, parfois retraités, ne faisant guère illusion. Les capitaux
apportés par les anciens actionnaires ne suffisaient pas à couvrir l'ensemble
des besoins pour assurer la survie et le développement de la compagnie aérienne.
Enfin, l'équipe dirigeante d'Air Lib a eu la malchance de reprendre la société
au moment même où l'ensemble du transport aérien devait faire face aux
conséquences des attentats du 11 septembre 2001.
«Quoi qu'il en soit, l'offre de
reprise de Jean-Charles Corbet a été choisie par le tribunal de commerce de
Créteil, même si ce dernier avait déjà relevé nombre de faiblesses dans le
projet présenté. A l'évidence, cette décision soulageait bien des acteurs du
dossier, qu'il s'agisse du gouvernement, et plus particulièrement du ministère
des Transports, voyant s'éloigner pour un temps au moins la menace d'un dépôt de
bilan douloureux, ou d'Air France, dont le rôle dans l'élaboration du projet de
reprise apparaît plus qu'ambigu.
«Quelles qu'aient pu être les
inquiétudes manifestées sur la viabilité du projet de reprise, il faut souligner
que les premiers actes de gestion d'Holco, dans les semaines suivant la décision
du tribunal de commerce de Créteil, ont consisté dans l'octroi de rémunérations
à l'équipe de reprise, sous la forme de rémunérations ou d'honoraires
substantiels pour les nouveaux dirigeants et les divers prestataires de
services. Les montants en cause et la rapidité de leur versement jettent un
doute sur les motivations de tous ceux qui avaient été membres de l'équipe de
reprise.
«Face à la crise du transport aérien et à la défaillance de
Swissair, les insuffisances de la gestion de l'entreprise n'ont été que plus
évidentes. Dès l'automne 2001, l'avenir de la compagnie apparaissait
irrémédiablement compromis. Toutefois, Jean-Charles Corbet a refusé de déposer
le bilan, entraînant par là même le départ des éléments les plus expérimentés de
la direction d'Air Lib.
«Dès lors, c'est l'Etat qui a été en permanence
appelé au secours de l'entreprise, sans que la gestion de l'entreprise témoigne
d'une véritable volonté de s'attaquer aux problèmes de structures et alors que
sa politique commerciale agressive aboutissait à une dégradation de ses
comptes.
«L'aide de l'Etat a tout d'abord pris deux formes. D'une part, Air
Lib a cessé dès novembre 2001 de payer la part patronale des charges sociales,
puis a étendu ses défauts de paiement à l'ensemble des créanciers publics à
partir du premier trimestre 2002. D'autre part, en janvier 2002, un prêt du FDES
de 30,5 millions d'euros a été accordé à la compagnie dans des conditions
manquant de sérieux. Le gouvernement de l'époque a pris le risque de s'engager
dans un soutien abusif en acceptant que l'Etat devienne le banquier d'une
entreprise dont la situation apparaissait irrémédiablement compromise,
engagement dont il était difficile de se libérer par la suite.
«De ce fait le
rôle de banquier ainsi imparti à l'Etat n'allait pas être remis en cause
immédiatement, le nouveau gouvernement décidant en juillet 2002 de prolonger le
prêt du FDES et d'organiser un moratoire, officiel cette fois, sur les charges
publiques.
«Le délai de quatre mois ainsi consenti devait être mis à
profit par Air Lib pour élaborer un plan de restructuration. Or, la compagnie
n'a pas respecté ses engagements de reprise des paiements et a fourni des plans
de restructuration irréalistes, incompatibles avec le droit communautaire et
demandant à l'Etat d'apporter encore davantage de deniers publics.
«Alors
que le sort de la compagnie apparaissait scellé, l'arrivée d'un repreneur sinon
potentiel du moins affiché, le groupe néerlandais IMCA, a conduit à différer
encore une fois le dépôt de bilan. L'Etat est allé au bout de la logique de
sauvegarde de l'emploi, mais l'absence de sérieux d'IMCA a mis un terme à un
feuilleton se concluant par le licenciement de 3.400 salariés et des dettes
publiques à hauteur de 130 millions d'euros, selon toute probabilité
définitivement perdus.
«Ainsi, alors qu'ils ont accumulé un passif financier
de 130 millions d'euros, auquel devraient s'ajouter environ 100 millions d'euros
au titre des indemnités de licenciement et des mesures de reclassement des
salariés, M. Jean-Charles Corbet et l'équipe dont il s'est entouré se sont
enrichis dans des conditions auxquelles la justice pourrait
s'intéresser.
«Peut-on en rester à ce constat et se limiter à une simple
condamnation morale ? Quelles pourraient être les suites judiciaires des travaux
de la commission d'enquête?
«La commission d'enquête n'a pu obtenir de
réponses à un certain nombre de questions, notamment parce que M. Jean-Charles
Corbet lui a opposé le secret des affaires. Elle ne dispose pas de moyens
similaires à ceux d'un juge d'instruction, ni, naturellement, du pouvoir de
donner des instructions au Parquet.
«Néanmoins, il importe que la commission
d'enquête aille jusqu'à l'extrême limite de ses pouvoirs.
«Aussi, le
Président et le Rapporteur de la commission d'enquête se proposent-ils de faire
usage de l'article 40 du code de procédure pénale qui dispose en son second
alinéa: «Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui,
dans l 'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un
délit, est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de
transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui
y sont relatifs.
«Parmi les faits dont la commission d'enquête a eu
connaissance, le versement de certaines primes, notamment la prime d'arrivée de
M.. Jean-Charles Corbet, pourrait être constitutif d'abus de bien social et
relever de cet article.
«Par ailleurs, sur le plan civil, il appartient
au procureur de la République d'examiner certains éléments du dossier. Plusieurs
pistes peuvent être envisagées: M. Jean-Charles Corbet pourrait être appelé en
comblement de passif, le tribunal de commerce pourrait décider d'étendre la
liquidation judiciaire d'Air Lib à d'autres filiales d'Holco encore en activité
au vu des travaux des organes de la procédure collective et, enfin, le tribunal
pourrait ouvrir une procédure de liquidation judiciaire à l'encontre de tout
dirigeant contre lequel peut être relevé notamment le fait suivant : «avoir
poursuivi abusivement, dans un intérêt personnel, une exploitation déficitaire
qui ne pouvait conduire qu'à la cessation des paiements de la personne morale»
en application de l'article L.624-5 du code de commerce relatif à la mise
personnelle en redressement et liquidation judiciaires.
«Afin de
contribuer à cette analyse, le Président de la commission d'enquête transmettra
le rapport de la commission au procureur de la République.
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